19 novembre 2020
Ligue de hockey midget AAA
Les Gaulois prennent leur mal en patience
Par: Félix-Antoine Bourassa

Marc-André Ronda, l’entraîneur-chef des Gaulois de Saint-Hyacinthe midget AAA, multiplie les initiatives pour adapter ses séances d’entraînement et pour motiver ses joueurs. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Jamais les joueurs de la Ligue de hockey midget AAA n’auront eu autant de temps sur la glace pour peaufiner leurs habiletés individuelles qu’en temps de pandémie.

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Selon les règles dictées par Hockey Québec et la santé publique, les équipes sportives comme les Gaulois de Saint-Hyacinthe n’ont pas encore le droit de faire ne serait-ce qu’un simple exercice à 1 contre 1. Une situation qui est loin d’être idéale pour les jeunes qui rêvent de retenir l’attention d’une équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec lors du prochain repêchage.

Tout se déroulait pourtant bien lors de la pré-saison dans la Ligue de hockey midget AAA. Malgré un format de match bien différent qu’à l’habitude, les équipes avaient le droit de s’affronter dans les différentes villes de la province. Toutefois, l’arrivée des zones rouges a compliqué la donne et a rendu la présentation de matchs impossible à imaginer à court terme et tout autant difficile à imaginer à long terme, avec le nombre désolant de cas positifs à la COVID-19 quotidiens au Québec.

Au moment où la Montérégie est passée en zone rouge, l’entraîneur-chef de l’équipe, Marc-André Ronda, a eu la tâche de créer un plan sanitaire pour assurer la poursuite des entraînements dans un environnement sécuritaire, tout en respectant l’horaire d’école de ses joueurs. Il a donc séparé les élèves de secondaire 4, 5 et ceux du cégep en deux groupes afin de réduire au minimum le nombre de joueurs lors des pratiques.

Alors que les joueurs sont présents à l’école une journée sur deux, il est difficile pour les joueurs de l’extérieur d’assurer leur transport pour se rendre à l’aréna. Pour contrer ce problème, il n’est pas rare que les joueurs suivent leur cours directement à l’aréna, dans un lieu sécurisé et désinfecté à de nombreuses reprises tous les jours.

Pour l’entraîneur Ronda, tout cela complique d’autant son travail, mais il s’assure que les règles sont suivies à la lettre. « C’est certain que ce n’est pas l’idéal d’avoir deux groupes, mais moi et mes adjoints faisons le maximum pour offrir le même contenu aux joueurs. Nous sommes des entraîneurs qui ont à cœur de développer les habiletés des joueurs, mais présentement, notre rôle lors des pratiques est plus de nous assurer de faire respecter la distance entre les joueurs et qu’il n’y ait pas d’attroupement », explique Marc-André Ronda.

Même s’il tente le plus possible d’être positif, il demeure très réaliste quant au futur. « On espère jouer des parties après les Fêtes, mais avec les cas positifs qui se maintiennent à de hauts niveaux partout et le fait que les réunions de famille risquent d’accroître le risque de contagion, on reste bien conscients que rien n’est certain à cet égard. »

Impressionné par ses joueurs

On pourrait croire que les joueurs soient frustrés par la présente situation qu’ils peinent à respecter les règles. Toutefois, ce serait tout le contraire qui se passe dans la chambre des joueurs, à croire l’entraîneur des Gaulois. « Je suis vraiment impressionné par mes joueurs! Je crois que la jeune génération est capable de s’adapter beaucoup plus facilement à la situation que c’est le cas avec les adultes. Le port du masque n’est nullement un problème pour les gars, même qu’ils nous demandent plusieurs fois s’ils peuvent le porter sur la glace pour faire des exercices de groupes. Toutefois, nous n’avons pas encore l’accord de Hockey Québec à ce niveau. » L’idée de porter le masque vient de l’entreprise d’équipements sportifs CCM qui a mis au point un masque pouvant être porté sous une grille protectrice.

Malgré le positivisme affiché par ses joueurs, il y a des journées où Marc-André Ronda sent le moral de son équipe à la baisse. « Le moral des joueurs est souvent basé sur les bilans quotidiens du gouvernement. Quand le bilan d’une journée est haut en ce qui concerne les cas positifs et les décès, le moral des gars est vraiment bas. Mes joueurs savaient que ça n’allait pas être une saison normale, leur grande maturité m’étonne quand même. »

L’avenir des jeunes est à risque

Pour les joueurs de première année midget, âgés de 15 ans, la situation actuelle est loin d’être avantageuse. Avec aucun match de disputé jusqu’à maintenant, aucune pratique d’équipe et sans dépisteur pour suivre leur progression, il est difficile d’envisager un repêchage de la LHJMQ normal cette saison. « Les joueurs ne sont pas prêts à jouer junior majeur. Ils ne peuvent pas avoir disputé leur dernier match dans le bantam AAA et sauter directement dans la LHJMQ, c’est inimaginable », avance l’entraîneur-chef.

Même si jusqu’à maintenant, c’est une saison difficile à vivre pour l’équipe, Marc-André Ronda tient à saluer tout le boulot accompli par la Ligue midget AAA. « La ligue fait un travail colossal. La communication est très bonne dans les circonstances et je suis très impressionné par leur travail jusqu’à maintenant. Nous [les entraîneurs] avons même un forum où nous pouvons échanger des idées de pratiques et des façons de faire. Il y avait déjà une belle fraternité entre les entraîneurs, mais cette saison, nous sommes encore plus conscients de la réalité de chacun », conclut l’instructeur-chef des Gaulois.

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