14 juin 2018
Les insectes, la nouvelle découverte gourmande de la PHD
Par: Rémi Léonard
Les jeunes du volet environnement en train de préparer des petites collations pour leurs camarades, par exemple des légumes assaisonnés avec du sel de grillons, des brownies faits avec de la farine de grillons et, pour les plus hardis, des petits insectes entiers grillés.

Les jeunes du volet environnement en train de préparer des petites collations pour leurs camarades, par exemple des légumes assaisonnés avec du sel de grillons, des brownies faits avec de la farine de grillons et, pour les plus hardis, des petits insectes entiers grillés.

Les élèves de la polyvalente Hyacinthe-Delorme (PHD) ont pu déguster récemment sur l’heure du dîner de petites bouchées spécialement préparées par leurs collègues de première secondaire du volet environnement. Petite particularité, les amuse-gueules contenaient tous des insectes dans la recette!

La dégustation singulière visait à initier les jeunes à cette source d’alimentation encore boudée en Occident, mais très répandue ailleurs. « C’est la protéine de l’avenir », a lancé l’enseignante en sciences Mylaine Boileau. Bien branchée chez les Amis de l’Insectarium de Montréal, elle a réussi à faire amener ce projet encore embryonnaire pour la toute première fois dans une école, chez nous à Saint-Hyacinthe.

En amont de l’activité de dégustation, les élèves ont ainsi pu élever leurs propres insectes dans de petites fermes de grillons spécialement conçues pour les écoles. Le concepteur de ces prototypes de « grilloneries », Benoit Daoust, a présenté l’une de celles utilisées à la PHD. L’idée est de garder une chaleur et une humidité élevée dans ce cubicule qui fait à peu près le volume d’un électroménager. Simple, légère et faite maison avec des matériaux recyclés, la grillonerie contient des étages de cartons d’œufs qui servent de compartiments pour loger les grillons.

Une fois l’élevage mis en place, il faut ensuite s’occuper quotidiennement des grillons en leur offrant eau et nourriture (fruits, légumes et moulée), une tâche accomplie par les élèves. Les aliments qu’on leur donne vont même influencer le goût des insectes, a expliqué Benoit Daoust, qui a lancé l’entreprise Insecto.

Trois semaines plus tard, la poignée de grillons initiaux s’est multipliée et les spécimens adultes sont prêts à la consommation. Détail important : ce ne sont pas les insectes élevés par les jeunes qui ont été servis lors de la dégustation. Ils ont plutôt été achetés d’une entreprise alimentaire pour des raisons de salubrité.

De moins en moins marginal

D’ailleurs, des insectes sont maintenant arrivés sur les tablettes de nos épiceries… sous forme de produits emballés, on s’entend. Si vous ouvrez l’œil, vous pourrez effectivement trouver de la poudre de grillons, même dans certaines grandes chaînes, un produit qu’elles ont intégré tout récemment, a souligné M. Daoust.

Si manger des insectes peut susciter un certain dégoût chez plusieurs, d’un point de vue strictement pragmatique, les avantages écologiques sont évidents, a souligné la directrice des Amis de l’Insectarium, Noémie La Rue Lapierre. Les ressources et l’espace requis pour produire des insectes sont infiniment moindres que pour l’élevage traditionnel, ont d’ailleurs souligné les élèves lors de l’activité, qui incluait également des présentations sur divers aspects de l’entomophagie (la consommation d’insectes par les humains). « Ça s’inscrit aussi dans la tendance de l’agriculture urbaine et de l’autonomie alimentaire », des concepts appelés à prendre de plus en plus de place dans nos vies, a-t-elle ajouté.

Le projet se veut ainsi un « clin d’œil pour éveiller un intérêt chez les jeunes » envers les insectes et tout ce qu’on peut en tirer. 

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