1 août 2013
Projet de terminus intermodal
Les intéressés laissés dans le noir
Par: Le Courrier

La Ville de Saint-Hyacinthe est-elle vraiment déterminée à créer un terminus intermodal au centre-ville, dans la pointe formée des rues Dessaulles, Sicotte et de l’avenue Laframboise, devant la gare du CN?

Si oui, elle s’est bien gardée jusqu’ici de mettre au parfum les gens qui habitent ou travaillent dans cet îlot urbain qui comprend une dizaine de bâtiments et plusieurs commerces. Ceux qui savent que leur secteur se trouve dans la mire de la Ville l’ont appris à travers les branches, ou encore en lisant LE COURRIER.

Au cours de la dernière année, cet îlot a fait l’objet d’une étude de 64 000 $ en tant qu’emplacement potentiel pour un terminus intermodal (autobus et train). Le mandat avait été confié au Conseil intermunicipal de transport de la Vallée du Richelieu (CITVR) en août 2012, mais la Ville a assumé la moitié de la facture (32 000 $). La résolution du 6 août 2012 précisait qu’une première étude réalisée en mai 2012 avait démontré que ce terminus devait être aménagé au centre-ville. Manifestement, l’îlot Sicotte – Dessaulles – Laframboise est maintenant considéré comme le meilleur emplacement pour le projet.« Un monsieur qui vit ici, dans le bloc, nous a dit que tout allait être rasé pour les autobus. La Ville, elle, ne nous a avisé de rien, on n’a jamais rien reçu d’officiel. Mais j’ai aussi appris de quelqu’un d’autre que c’était un projet à long terme », a indiqué Joëlle Royer, qui est propriétaire de la boutique Valanga, un manufacturier de manteaux qui est installé au 1070, avenue Laframboise.Cette affaire inquiète un peu Mme Royer. « Déménager un commerce, ce n’est jamais facile, et nos tables de coupe sont toutes installées au sous-sol. Nous avons peur d’être délogés », a-t-elle avoué.À deux pas de là, sur l’avenue Laframboise, un nouveau restaurant, La Bonne Franquette, a ouvert ses portes il y a quelques semaines à peine. Pourtant, à la Ville de Saint-Hyacinthe, personne n’a averti les propriétaires qu’un projet de terminus intermodal était à l’étude et qu’il pourrait modifier le cours des choses dans leur secteur. « Pendant que nous faisions nos démarches pour les demandes de permis, on ne nous a jamais rien dit là-dessus. Mais l’agent d’immeuble nous a dit : avec le train de banlieue qui s’en vient, ça va être bon pour vous », a raconté la propriétaire, Linda Tétreault, qui se demande aujourd’hui si son restaurant pourra demeurer longtemps où il se trouve. « Combien de temps ça peut prendre [avant de se réaliser], un projet comme celui-là? », questionne-t-elle.Le bar Le Grand Tronc, qui occupe la pointe formée par la rue Sicotte et l’avenue Laframboise, face à la gare Via Rail, se trouve lui aussi dans le périmètre qui retient l’attention de la Ville et du CITVR. Mais le gérant de l’établissement, David Brunet, ne semble pas trop s’en faire avec l’avenir, au plan des affaires. « Nous n’avons eu aucune nouvelle de la Ville. Mais si c’est comme le projet de l’autoroute 30, ça va prendre pas mal d’années avant qu’il se passe quelque chose ici. On verra ça dans le temps comme dans le temps », philosophe-t-il.L’une des employées, Marie-Pier Chouinard, s’inquiète davantage du passage des trains sur les voies du CN, non loin du bar, que de l’impact qu’aurait pour elle le projet de terminus intermodal. Le soir de la tragédie de Lac-Mégantic, elle s’est justement demandée ce qui se passerait si un convoi déraillait près de son lieu de travail. « Si ça arrive ici, c’est sûr qu’on y passe. Le train me fait peur, c’est débile », a-t-elle confié au COURRIER.En marge de son projet de terminus intermodal, la Ville a récemment abandonné l’idée de créer un stationnement incitatif pour le transport collectif du côté nord des voies ferrées, sur l’emplacement de bâtiments industriels anciens. La réserve foncière qui avait été créée il y a quatre ans à même ce site est venue à échéance au début de juin, sans possibilité de renouvellement avant deux ans.

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