4 septembre 2014
Embauches à la Ville
Les Maskoutains d’abord, prêche à nouveau Barré
Par: Benoît Lapierre
Le conseiller Bernard Barré s’est une fois de plus porté à la défense des candidatures maskoutaines quand il est question d’embauches à la Ville. Photothèque | Le Courrier ©

Le conseiller Bernard Barré s’est une fois de plus porté à la défense des candidatures maskoutaines quand il est question d’embauches à la Ville. Photothèque | Le Courrier ©

Face à l’embauche, mardi soir, de trois résidants de l’extérieur pour combler des postes à la Ville de Saint-Hyacinthe, le conseiller du district La Providence, Bernard Barré, s’est une fois de plus érigé en défenseur des candidats maskoutains.

« Il faut trouver une solution pour donner la chance à nos gens qui ont des diplômes de travailler pour leur ville (…). Y a-t-il une solution? J’ouvre la discussion », a-t-il lancé, au terme d’un long discours sur un thème devenu pour lui un cheval de bataille.

Il avait tenu de semblables propos en novembre 2011, lorsque le conseil municipal avait désigné une Montréalaise, Louise Brunet, pour occuper le poste d’agent de développement à la culture, au service des Loisirs. Le même soir, deux autres postes vacants avaient été confiés à des non-résidents, ce qui avait fait sortir le conseiller Barré de ses gonds.

Cette situation s’est reproduite à la séance du conseil de mardi. Trois postes, dont celui d’agent de développement à la culture, encore une fois, devaient être comblés et tous les trois sont allés à des gens d’ailleurs.

Louise Brunet était devenue une Maskoutaine d’adoption peu après son embauche, a-t-on appris. Elle avait été congédiée le 16 juin à la suite d’une recommandation du directeur général, LouisBilodeau. Elle sera remplacée par Jacinthe Ducas, une Longueuilloise qui a été préférée à 179 autres candidats, dont 25 Maskoutains. Mme Ducas entrera en fonction le 22 septembre et touchera à l’entrée un salaire annuel de 67 793 $.

Au service des Finances, un poste de technicien en géomatique, division des ressources informationnelles, sera maintenant occupé par Jeffrey Lafleur, un citoyen de Sainte-Julie. Cinq Maskoutains se trouvaient parmi les 45 candidatures présentées pour ce poste donnant droit à un salaire de 45 630 $ à l’entrée. Enfin, c’est un résidant de Saint-Paul-d’Abbotsford, Jean-François Vigneault, qui a obtenu le poste d’opérateur au département Usine d’épuration et Centre de valorisation des matières organiques, auquel est rattaché un salaire annuel de 47 881 $ à l’entrée. Dans ce cas, six des 40 postulants étaient des résidants de Saint-Hyacinthe.

Malgré son penchant avoué pour les candidatures en provenance de sa ville, le conseiller Barré a voté pour les trois propositions d’embauche. « La seule raison, c’est par respect pour le comité de sélection », a-t-il expliqué. Il a avoué que le rapport présenté aux élus la semaine dernière l’avait mis « en beau fusil », et que ce n’est qu’après avoir discuté avec Johanne Delage, la conseillère qui siégeait au comité de sélection, qu’il a mis de l’eau dans son vin.

Il a expliqué qu’il était particulièrement sensible au choix fait à l’égard du poste d’agent au développement de la culture, parce que c’est de la culture même de la ville de Saint-Hyacinthe dont il s’agit. « Pour ce poste-là, c’est un peu désolant. Vingt-cinq personnes ont eu espoir de travailler pour leur Ville et six d’entre elles avaient les qualifications, mais pas l’expérience pour accoter la dame qu’on va embaucher ce soir (…). Nous on leur dit : allez prendre votre expérience ailleurs. »

Bernard Barré a qualifié les employés arrivant de l’extérieur de « commis-voyageurs » qui ne restent pas longtemps en poste. Il a toutefois reconnu que Mme Brunet n’était pas partie de son propre chef. « On l’a aidée à s’en aller », a-t-il admis.

Après son intervention, son homologue du district Sacré-Coeur, David Bousquet, a donné un tout autre son de cloche en matière d’embauche. Il considère que les Maskoutains seraient perdants si toutes les villes se donnaient un critère d’engagement comme celui que prône M. Barré. « On a des Maskoutains qui travaillent dans d’autres municipalités. Est-ce que les autres municipalités ne pourraient pas faire la même chose, et est-ce que ça ne viendrait pas priver des Maskoutains d’un travail lucratif dans d’autres municipalités? », s’est-il interrogé.

Le conseiller Barré a reconnu que pour bien des fonctions, le lieu d’origine du candidat importait peu, ce qui n’est pas le cas du travail d’agent culturel, à son avis. « Si elle est encore là dans deux ans (Mme Ducas), tant mieux, sinon, on s’en reparlera », a-t-il conclu.

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