26 août 2021
Grève chez Olymel
Les médecins vétérinaires du Québec extrêmement préoccupés par le bien-être des animaux
Par: Le Courrier
Publicité
Activer le son

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) et l’Association des vétérinaires en industrie animale du Québec (AVIA) exhortent le gouvernement du Québec à agir dans le dossier de grève chez Olymel qui pourrait conduire à l’euthanasie de près de 130 000 porcs et qui déjà, s’étirant en longueur, cause des tords irréparables sur le plan du bien-être et de la santé des animaux.

« Que l’on pense au stress occasionné par leur déplacement, à leur entassement dans des bâtiments trop exigus ou encore à l’augmentation de l’utilisation d’antibiotiques pour pallier les conditions sanitaires déficientes dans lesquelles les animaux sont gardés, il est clair que la situation est insoutenable et qu’elle doit cesser au plus vite », estime le Dr Gaston Rioux, président de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec. Tout est propice au développement de maladies et des répercussions importantes sur le plan de la santé de ces animaux pourraient également s’en suivre.

Si la grève continue et que l’euthanasie humanitaire de ces porcs devient nécessaire, la situation sera d’autant plus préoccupante, mentionne la présidente de l’AVIA, Dre Josée Daigneault. « Euthanasier un animal de plus de cent kilos, ce n’est pas si simple sans les conditions optimales connues en abattoirs. On craint énormément pour la souffrance que pourraient connaître ces animaux si les méthodes d’euthanasie ne sont pas adéquates. On se retrouvera devant une situation de mise à mort complètement inhabituelle qui pourrait déraper sérieusement, il faut absolument éviter cela. »

Bien que le ministre du Travail, Jean Boulet, ait mentionné qu’il n’entend pas intervenir dans un dossier relevant de l’industrie privée, l’OMVQ et l’AVIA lui demandent de revoir sa position. [NDLR : le ministre Boulet a convoqué les deux parties à son bureau ce matin.] Bien au-delà d’un conflit de travail, il s’agit d’un dossier dont les répercussions sur la santé et le bien-être animal dépassent l’entendement. « Notre société s’est dotée d’une Loi sur le bien-être animal afin que nos animaux ne soient plus considérés comme des biens meubles. Est-ce que cette situation est acceptable aux yeux des Québécois? J’en doute », renchérit la Dre Daigneault.

Rappelons que le gouvernement du Québec a annoncé un investissement de 150 millions de dollars afin de soutenir Olymel en mai dernier. Les contribuables sont en droit de se demander si le gouvernement prend tous les moyens nécessaires afin que l’entreprise dans laquelle il investit fasse tout en son possible pour éviter l’euthanasie de dizaines de milliers de bêtes, préserver leur bien-être et éviter le gaspillage alimentaire.

« Le bien-être animal a déjà été trop affecté par les conflits de travail issus des abattoirs en 2021 avec la récente euthanasie de centaines de milliers de poulets au début de l’été. Il est temps que le gouvernement du Québec intervienne pour empêcher que des animaux servent d’otages, et ce, tant dans le conflit de travail actuel que ceux à venir », conclut le Dr Rioux.

Dr Gaston Rioux, président de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec

Dre Josée Daigneault, présidente de l’Association des vétérinaires en industrie animale du Québec

image