26 mai 2011
Les cinq ans du Centre des arts Juliette-Lassonde
Les municipalités rurales refusent toujours de payer
Par: Le Courrier
Les élus de la région n'ont toujours pas l'intention de contribuer au budget de fonctionnement du Centre des arts. Ils avaient manifesté leur mécontentement haut et fort en octobre 2009.

Les élus de la région n'ont toujours pas l'intention de contribuer au budget de fonctionnement du Centre des arts. Ils avaient manifesté leur mécontentement haut et fort en octobre 2009.

Au moment où la Ville de Saint-Hyacinthe s’apprête à aller de l’avant avec la construction d’un nouvel ascenseur au Centre des arts Juliette-Lassonde, la colère gronde toujours du côté des municipalités rurales qui refusent d’honorer la participation financière imposée par le ministère des Affaires municipales, Région et Occupation du territoire (MAMROT) en 2009.

Publicité
Activer le son

Le noeud du débat porte essentiellement sur le statut du Centre des arts. Dans une lettre datant du 22 juin 2009, soit la veille de son départ pour le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, appuyée par la Commission municipale du Québec, reconnaissait le caractère supralocal du Centre des arts et demandait que le déficit d’opération soit partagé entre les 17 municipalités de la MRC des Maskoutains.

Une décision que refusent toujours d’accepter les municipalités rurales, contestant vivement le caractère supralocal attribué à la salle de spectacles. « Les retombées sont pour la Ville, nos municipalités n’ont rien en retour. Oui, nos citoyens en profitent, mais c’est parce qu’ils ont payé leur billet », martèle le maire de Saint-Damase, Germain Chabot.Selon la décision de l’ex-ministre du MAMROT, les municipalités devraient verser 45 000 $ annuellement pour l’entretien et le fonctionnement du Centre des arts. Mais la bisbille est maintenant entre les mains du ministre Laurent Lessard qui doit revoir le verdict de la vice-première ministre. Et si les municipalités ont fait leur nid, il en est de même pour la Ville. « Nous vivons avec un manque à gagner, mais si le ministre rend une autre décision favorable on n’ira quand même pas fouiller dans les coffres des municipalités pour se payer », résume le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Bernier.S’il est vrai que les municipalités ont donné leur appui à la Ville de Saint-Hyacinthe pour la construction de la salle de spectacle afin de lui faciliter l’obtention de subventions fédérale et provinciale, Yvon Pesant rappelle qu’il n’a jamais été question pour elles de payer. « La Ville a toujours décidé seule », dit-il.Rappelons qu’en décembre 2002, la ville-centre et les municipalités rurales concluaient une entente sur les équipements, infrastructures, services et activités jugés supralocaux déjà existants à la Ville avec la carte Accès-Loisirs. En tout, c’est plus de 410 000 $ que verseront les municipalités cette année. Pour le maire de Saint-Marcel-de-Richelieu, Yvon Pesant, l’entente déjà très onéreuse exclut explicitement le Centre des arts construit entre l’été 2004 et l’automne 2005 et jugé inutile par les municipalités. « Pour nous, ce n’était pas un besoin. Des salles de spectacles, il y en avait déjà de 500 places et plus, dont celle de l’ITA exploitée de manière profitable par la SDS. »Selon les chiffres de la Ville, 17 % de la clientèle du Centre des arts provient des municipalités rurales. Si pour Claude Bernier il s’agit de Maskoutains venus profiter d’un service régional, le maire de Saint-Simon, Normand Corbeil, y voit encore plus de bénéfices. « C’est simplement plus rentable pour lui d’avoir de la clientèle venant des municipalités rurales. »

Vers un dénouement?

M. Pesant a assuré au COURRIER que la position des municipalités ne changerait pas. « Les visiteurs du Centre des arts magasinent, mangent, prennent une bière et mettent de l’essence à Saint-Hyacinthe avant de revenir dans nos municipalités. Ça ne nous amène rien. Nous sommes solidaires et nous irons en prison avant de payer pour l’entretien du Centre des arts. »C’est bien ça le problème, estime l’attaché de presse du ministre Laurent Lessard, Antony Dulude. « Ce sont des gens qui refusent de se plier à la décision d’un ministre. Il y a beaucoup de joueurs et c’est un dossier assez compliqué qui requiert de grosses analyses. L’objectif est de trouver une solution idéale pour tout le monde et on espère clore le dossier d’ici les prochaines semaines », a-t-il conclu.

image