23 novembre 2017
Douze jours d’action contre la violence envers les femmes
Les municipalités s’allient contre la violence conjugale
Par: Olivier Dénommée
Photo François Larivière | Le Courrier ©

Photo François Larivière | Le Courrier ©

Voilà quelques années que les dates du 25 novembre au 6 décembre sont considérées par différents organismes québécois comme les 12 jours d’action contre la violence envers les femmes, mais c’est la première fois que cette campagne touche autant de municipalités à travers la province. Dans la MRC des Maskoutains, 16 municipalités sur 17 (il ne manque que Sainte-Hélène-de-Bagot) ont accepté cette année de s’afficher contre la violence conjugale.

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Le choix de ces dates est tout sauf anodin : le 25 novembre est considéré depuis 2000 comme la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, alors que le 6 décembre a été décrétée la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, en souvenir de la fusillade à Polytechnique à cette même date en 1989. À Saint-Hyacinthe, les organismes La Clé sur la porte et le Centre de femmes l’Autonomie en soiE ont fait appel à la collaboration de la MRC et à celle de la députée fédérale Brigitte Sansoucy pour rendre ce combat plus visible que jamais.
Pétition
Le but de la campagne, selon la députée, est d’« envoyer un message fort que la violence conjugale ne peut être tolérée » dans une société qui se veut égalitaire. Elle invite la population à signer une pétition qui circulera jusqu’au 6 décembre pour affirmer son appui à cette cause. Chaque tranche de 50 signatures ajoutera une pression sur le gouvernement fédéral pour éventuellement créer un comité consultatif qui donnerait la parole aux organismes de soutien des femmes. Parmi les prémisses de la pétition se trouve une statistique alarmante : des chiffres de 2014 mentionnent que 18 746 cas d’infractions contre la personne ont été faits en contexte conjugal au Québec, soit le quart de toutes les infractions contre la personne. Catherine Francoeur, du Centre de femmes l’Autonomie en soiE, a aussi rappelé que dans les deux dernières années, trois femmes de la région ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint, l’étape ultime de la violence conjugale.
Quant aux municipalités participantes (elles sont plus de 200 à travers la province en 2017), elles peuvent s’afficher de différentes façons, notamment à travers une banderole ou un drapeau aux couleurs de la campagne Municipalité alliée contre la violence conjugale. Plusieurs municipalités ont affirmé leur désir d’organiser des activités de sensibilisation dès 2018. De plus, 78 000 foyers des MRC des Maskoutains et d’Acton devraient déjà avoir reçu un cahier portant sur la réalité de la violence conjugale. « On espère arriver à changer les mentalités maison par maison », a affirmé Annie Flibotte, intervenante à la sensibilisation et aux services externes à La Clé sur la porte.
Du 25 novembre au 6 décembre, la population est invitée à porter un ruban blanc en solidarité envers les femmes qui ont connu ou qui subissent encore des violences – que ce soit physiques, psychologiques ou même financières – en contexte conjugal.

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