22 avril 2021
Carte blanche
Les nouvelles barricades
Par: Christian Vanasse

Cette semaine marquait les 20 ans du Sommet des Amériques d’avril 2001 à Québec et de la vaste mobilisation citoyenne où plus de 50 000 personnes venues de tout le continent ont manifesté dans les rues de la capitale. L’objet de la colère populaire était la possible signature d’un vaste accord économique, la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), par les chefs d’État et les grandes multinationales. Mais surtout, le fait que cet accord qui devait privatiser de larges secteurs de l’économie, comme l’agriculture, l’éducation et la santé, était négocié en secret derrière des barricades.

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Comme beaucoup d’autres ce jour-là, j’ai appris à la dure que, dans le nouveau capitalisme, l’État n’hésiterait pas à utiliser la force la plus brutale et tout son arsenal contre ses propres citoyens afin de protéger les intérêts des grandes entreprises. Heureusement, la mobilisation fut un succès, l’accord un échec et pour tout le monde, ce fut une grande leçon sur l’exercice de la démocratie. Je dis bien pour tout le monde… L’État aussi a retenu la leçon. Avant, il s’attaquait à sa population à grands coups de matraques tout en lui rappelant son droit absolu de manifester. Aujourd’hui, il trouve plus pratique de matraquer directement le droit de manifester.

C’est exactement ce que la Ville de Saint-Hyacinthe tente de faire avec son règlement qui empêche toutes les activités politiques ou syndicales de se tenir sur la place publique. Par contre, si tu as des gogosses à vendre, c’est permis. Autrement dit, à Saint-Hyacinthe, l’espace public, c’est privé. Les cartes de crédit sont acceptées, mais pas les idées.

La démocratie n’est jamais acquise. Elle est toujours à défendre.

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