31 décembre 2013
Plaintes déposées à la Ville
Les odeurs de Veolia incommodent le voisinage
Par: Jean-Luc Lorry
L'usine de recyclage des huiles usées, propriété du géant français Veolia, est située sur l'avenue Pion à Saint-Hyacinthe.

L'usine de recyclage des huiles usées, propriété du géant français Veolia, est située sur l'avenue Pion à Saint-Hyacinthe.

Opérationnel depuis cinq mois, le centre de régénération des huiles usées appartenant à la multinationale française Veolia incommode le voisinage, a appris LE COURRIER.

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En l’espace de quelques semaines, la Ville de Saint-Hyacinthe a reçu six requêtes d’entreprises avoisinantes et de citoyens pour se plaindre de fortes odeurs d’hydrocarbures en provenance de l’usine Veolia.

« La Ville a avisé Veolia et le ministère de l’Environnement de la situation. Le Ministère a demandé des correctifs afin que cette entreprise soit conforme aux normes environnementales », indique Caroline Nadeau, chef intérimaire de la Division communications et relations publiques à la Ville de Saint-Hyacinthe.Emballages Maska fait partie des entreprises qui se sont adressées à la municipalité pour signaler ce sérieux désagrément. « Cet été, c’était l’enfer en raison de la chaleur. Des employés se sont plaints de maux de tête et de nausées. Je ne comprends pas que la Ville ait accepté qu’une telle usine s’implante ici », s’indigne Luc Longpré, contrôleur chez les Emballages Maska, une entreprise située sur l’avenue Pion à quelques centaines de mètres de l’usine Veolia.Employé chez Agrocentre Saint-Hyacinthe, un distributeur de produits chimiques et de semences pour l’agriculture, Éric Beaudry a lui aussi porté plainte auprès de la Ville. Ce travailleur nous a indiqué que l’émanation de fortes odeurs d’hydrocarbures a coïncidé avec le début des opérations du centre de régénération des huiles usées. L’usine où il travaille est située sur l’avenue Duplessis, à l’arrière des installations de Veolia.« Si à la place de cette usine il y avait une porcherie, je pense qu’elle serait fermée depuis longtemps », estime M. Beaudry. Celui-ci assure que cette odeur irritante se propage certains jours jusqu’à son quartier de Sainte-Rosalie.Interrogé sur le sujet, le conseiller municipal de Saint-Thomas-d’Aquin, Jacques Denis, indique ne pas avoir été interpellé par les citoyens de son district. « J’ai entendu dire qu’une forte odeur d’huile brûlée circulait à l’intérieur d’un corridor précis. Il est certain que si cela persiste, nous irons cogner à la porte de Veolia. Une telle situation est inacceptable », considère Jacques Denis.Construit au coût de 55 M$, ce centre de régénération des huiles usées a la capacité de recycler annuellement jusqu’à 60 000 tonnes d’huiles usées à un taux de production de 8 000 kilos par heure.

Correctifs exigés

Informé par la Ville de Saint-Hyacinthe de cette situation préoccupante, le ministère de l’Environnement a effectué le 29 novembre une inspection du site de l’usine de régénération des huiles usées.

« L’entreprise a confirmé que les sources d’émission d’odeur avaient été identifiées et provenaient des évents de réservoirs de produits asphaltiques. Les travaux correctifs devaient être terminés en date du 18 décembre. Ces travaux consistent à relier les évents des réservoirs de produits asphaltiques à l’oxydateur thermique », explique Jean-François Ouellet, adjoint au directeur régional et responsable des communications à la direction régionale de l’analyse et de l’expertise de l’Estrie et de la Montérégie. « Le 18 décembre, l’entreprise a avisé le Ministère d’un retard dans les travaux correctifs à la suite d’une panne électrique. D’ici à ce que les travaux correctifs soient réalisés, le procédé de régénération d’huiles est arrêté. Néanmoins, l’oxydateur thermique demeure en fonction », poursuit-il.Veolia Canada n’a pas souhaité retourner nos nombreux appels.

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