24 septembre 2020
COVID-19
Les organismes de bienfaisance gardent la tête hors de l’eau
Par: Jennifer Blanchette

La santé financière de Centraide Richelieu-Yamaska se porte bien malgré la pandémie. Photothèque | Le Courrier ©

Même si les impacts liés à la COVID-19 leur ont donné quelques maux de tête, les organismes de bienfaisance de Saint-Hyacinthe s’en tirent à bon compte jusqu’à maintenant. Sollicitation spontanée, fonds d’urgence et réorganisation express; les œuvres caritatives se sont rapidement mobilisées pour contrer les effets indésirables de la pandémie sur leurs activités.

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Lorsque la crise sanitaire s’est déclarée en mars, Centraide Richelieu-Yamaska n’a pas hésité à mettre sur pied un fonds spécial COVID-19 et à solliciter divers donateurs. Cette initiative, combinant la générosité des mécènes locaux et la redistribution de sommes par le biais de Centraide Montréal, a rapidement permis d’amasser 300 000 $.

« Nos attentes ont été dépassées, lance fièrement Louis Héroux, qui occupait le poste de directeur général de Centraide Richelieu-Yamaska jusqu’au 8 septembre. Les gens qui n’ont pas été touchés par la COVID-19 ont eu le cœur sur la main. »

À ces sommes se sont ajoutés près de 1,1 M$ en financement gouvernemental ainsi que 125 000 $ de la part de la Fondation André et Lucie Chagnon. Bien que ces montants représentent des « dons circonstanciels en raison de la COVID », il n’y a aucun retard financier à éponger pour le moment ni de baisse de financement à prévoir pour les organismes de la MRC des Maskoutains, affirme M. Héroux.

Il croit d’ailleurs que son organisation sera en mesure d’atteindre l’objectif financier de 2,1 M$ qu’elle s’est fixé pour 2019-2020. « Je serais déçu si on se retrouvait sous la barre des 2 M$. Ça nous obligerait à revoir nos méthodes », concède-t-il.

Centraide Richelieu-Yamaska n’a pas eu à effectuer de mises à pied, en plus de pouvoir compter sur les revenus générés par son événement-bénéfice principal, la Fine Tablée Centraide. Celui-ci a eu lieu à la fin février, juste avant le déclenchement de la crise sanitaire.

D’autres organismes de la région n’ont malheureusement pas eu cette chance. Frappé de plein fouet par la pandémie, le Club Optimiste Douville a dû annuler la 26e édition du traditionnel souper « Homard à volonté », sa principale source de financement. L’organisation se retrouve donc avec une perte de revenus frôlant les 60 000 $.

Malgré cela, la situation financière de ce club dédié à la jeunesse maskoutaine demeure stable, assure Sonia Bienvenu, vice-présidente et responsable du comité des dons.

« Nous n’avons refusé aucune demande jusqu’à maintenant. Il reste des budgets pour cette année et nous les planifions bien. Nous avons pu compter sur une 25e édition du souper homard très lucrative. Il y avait aussi beaucoup de remises de dons déjà financés de notre part et prévues pour mars qui n’ont pas eu lieu finalement. Ça s’équivaut pour l’instant puisque les budgets engagés sont gelés », explique-t-elle.

De plus, poursuit la vice-présidente, le Club n’a pratiquement aucun coût d’opération à assumer n’ayant « pas de bâtiment et pas d’employés à payer ».

Repenser ses façons de faire

Bien que le contexte social ne soit pas favorable aux rassemblements à l’heure actuelle, Centraide Richelieu-Yamaska et le Club Optimiste Douville affirment d’emblée que leurs événements-bénéfice phares respectifs seront de retour l’an prochain.

« Le souper homard, c’est notre couleur, notre identité. Nous avons bâti notre renommée avec cette soirée. C’est certain que nous conserverons cette activité. Il reste à déterminer de quelle façon », soutient Sonia Bienvenu.

Louis Héroux ne saurait mieux dire. « La Fine Tablée va revenir en 2021, mais pas dans sa forme actuelle », assure-t-il, sans toutefois pouvoir confirmer les changements qui seront apportés à l’événement.

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