20 février 2013
Partis pour mieux revenir?
Les Pavon-Aguila ont quitté le pays
Par: Le Courrier

La famille maskoutaine d’origine mexicaine Pavon-Aguila a finalement quitté le pays, lundi matin, alors qu’elle faisait face à un avis d’expulsion depuis que sa demande d’asile avait été refusée par les autorités canadiennes.

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Devant la complexité des démarches pour renverser la décision de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, Esteban Pavon, sa femme Leticia Aguila et leurs filles, Maria Fernanda et Stephanie, ont pris l’avion de leur propre gré, lundi, 24 heures avant leur rencontre prévue avec les autorités de l’Agence frontalière du Canada. En quittant d’elle-même le pays, la famille souhaitait faire preuve de respect afin de ne pas court-circuiter ses chances de pouvoir compléter avec succès une demande d’immigration depuis le Mexique.

« En quittant de leur propre moyen avant la date prévue, la famille demeure en bons termes avec Immigration Canada », a expliqué John Sanchez, responsable des migrants et des travailleurs au Diocèse de Saint-Hyacinthe. M. Sanchez a accompagné la famille à l’aéroport. « C’était difficile, surtout pour les jeunes filles qui ont toute leur vie ici. Elles laissent beaucoup d’amies derrière elles et je sais que dans leur école, il y a des coeurs gros. Mais devant les gens qui vivent des difficultés, j’aime mieux garder espoir. Ils sont partis avec beaucoup d’espoir. Je leur ai dit qu’ils seraient bientôt de retour à Saint-Hyacinthe. C’est ici chez eux. »Les Pavon-Aguila avaient quitté le Mexique en janvier 2009 pour fuir la violence. Leur demande d’asile a toutefois été refusée par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, qui a estimé que les menaces subies avant leur départ pour le Canada n’étaient pas dirigées à leur endroit, mais plutôt généralisées dans leur pays.De retour au Mexique, la famille doit rebâtir sa vie de presque rien, loin de la ville où elle habitait avant, afin d’éviter de retomber sous le joug des mêmes criminels. Elle entamera bientôt des démarches d’immigration auprès de l’ambassade du Canada afin de revenir à Saint-Hyacinthe dès que possible. « J’ai espoir qu’ils seront bientôt de retour pour enrichir notre communauté », a témoigné M. Sanchez. Par voie de communiqué, la députée fédérale Marie-Claude Morin a pris le temps de transmettre les remerciements chaleureux que la famille souhaite adresser à toute la communauté maskoutaine qui l’a soutenue dans ces moments difficiles. Le 26 janvier, plus de 200 personnes s’étaient rassemblées à l’église Saint-Joseph pour témoigner de leur appui et amitié. « Le départ de cette famille est une grande perte pour notre communauté », a indiqué Mme Morin, attristée par la situation. Le 29 janvier, elle s’était adressée à la Chambre des communes et avait rencontré le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, dans l’espoir de renverser la situation, mais en vain.

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