31 janvier 2013
Les Maskoutains retiennent leur souffle
Les Pavon Aguila vivent d’espoir
Par: Le Courrier

La famille Pavon Aguila, menacée d’expulsion après s’être vu refuser sa demande d’asile, est passée à travers toute une gamme d’émotions au cours des derniers jours. Après avoir obtenu un grand appui de la communauté lors d’un point de presse samedi, elle recevait, mardi, une lettre fixant une rencontre avec l’Agence frontalière du Canada.

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Esteban Pavon, sa femme Leticia Aguila et leurs deux filles ne savent pas encore à quoi s’attendre lors de ce rendez-vous, prévu pour le 19 février. « Nous ne savons pas ce qui nous arrivera. Peut-être qu’il faudra s’en aller tout de suite à l’aéroport, mais on croit plutôt qu’il s’agit d’un entretien au cours duquel l’Agence nous donnera la date à laquelle nous devrons quitter le pays », expliquait Mme Aguila quelques heures après avoir ouvert la lettre tant redoutée.

En attendant, la famille promet de « lutter jusqu’au bout », portée par le soutien de la communauté maskoutaine. Samedi, quelque 200 personnes s’étaient massées au sous-sol de l’église Saint-Joseph pour soutenir la famille lors d’un point de presse organisé de concert par la députée fédérale Marie-Claude Morin et Solidarité populaire Richelieu-Yamaska. Les représentants de La Maison de la Famille, de Forum 2020, du Diocèse et d’organismes de la région étaient aussi présents, tout comme le député provincial Émilien Pelletier. Aucun élu municipal ne s’est toutefois joint aux citoyens à cette occasion.« Nous sommes vraiment touchés de voir la solidarité des gens, a dit Leticia Aguila, mardi. Tous les jours, des gens viennent nous voir pour nous dire quelques mots. Parfois ce n’est qu’un sourire, mais on se sent appuyé. »La famille se dit par ailleurs encouragée des récents développements politiques dans leur dossier. Depuis la reprise des travaux à la Chambre des Communes, cette semaine, la députée néo-démocrate a pu remettre en mains propres le dossier de la famille au ministre de l’Immigration Jason Kenney, qui s’est engagé à le réexaminer. Marie-Claude Morin a également pris la parole en Chambre pour demander de façon officielle l’intervention du ministre. « Personne ne fuit son pays sans raison. Cette famille avait des amis, un commerce, une vie quoi! S’ils ont fui le Mexique, c’est parce qu’ils n’avaient pas le choix. Samedi dernier, 200 personnes se sont rassemblées pour leur témoigner support et appui. En leur nom et en mon nom, je demande humblement au ministre d’intervenir. Cette famille est un plus pour notre communauté. Il faut permettre à ces parents d’élever leurs filles ici, en sécurité », a plaidé la députée, en soulignant l’intégration particulièrement réussie de la famille Pavon. En entrevue au COURRIER, Mme Morin a souligné que sa priorité était de permettre à la famille Pavon Aguila de demeurer chez elle, à Saint-Hyacinthe. « En même temps, on se rend compte au NPD que plusieurs familles de nos circonscriptions se retrouvent dans la même situation. Le parti veut se mobiliser plus largement pour que la loi permette à des gens bien intégrés de demeurer au Canada », a-t-elle dit. À tous ses concitoyens qui ont souhaité apporter leur aide à la famille, Mme Morin propose de signer la pétition qui sera préparée par son parti au cours des prochains jours, de se mobiliser lors des rencontres d’appui à la famille et, ultimement, d’écrire directement au ministre Kenney. « C’est une situation frustrante pour tous ceux qui aimeraient changer les choses parce qu’il n’y a pas beaucoup d’avenues pour se faire entendre face aux politiques des conservateurs », a-t-elle dit, souhaitant que les démarches demeurent néanmoins respectueuses et cordiales avec le gouvernement.Les politiques du gouvernement conservateur ont aussi été dénoncées au point de presse de samedi, notamment par le mouvement Mexicains unis pour la régularisation, qui appuie la démarche de la famille Pavon. Le député péquiste Émilien Pelletier a quant à lui partagé son « malaise profond face au gouvernement du Canada qui n’a aucune empathie ». « Le Mexique n’est pas politiquement dangereux, mais il faut reconnaître qu’il est tout de même hautement dangereux pour ceux qui y vivent. La communauté maskoutaine doit continuer à défendre l’immigration chez nous. »

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