30 septembre 2021
Prime aux infirmières
Les professionnels de l’ATPS sont en colère
Par: Sarah-Eve Charland

Le représentant national de l’APTS, Joël Bélanger. Photothèque | Le Courrier ©

L’annonce d’une prime entre 12 000 $ et 15 000 $ pour attirer et garder des infirmières dans le réseau de la santé a mis le feu aux poudres aux négociations pour renouveler la convention collective de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). Le syndicat a cessé toute démarche de consultation auprès de ses membres de l’entente proposée par Québec.

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Le gouvernement du Québec avait proposé une offre patronale aux membres de l’APTS qu’il disait finale. Le syndicat s’est dit consterné que le gouvernement continue d’ignorer l’ampleur de la pénurie de main-d’œuvre touchant l’ensemble du réseau. Les primes annoncées la semaine dernière ne ciblent que les infirmières, dénonce le représentant national de l’APTS, Joël Bélanger. Ce dernier ajoute que cette mesure n’aura pas d’effet pour diminuer la surcharge de travail dans les laboratoires, dans les salles d’imagerie médicale et de médecine nucléaire, dans les centres jeunesse, dans les services à domicile et en santé mentale.

« Le Secrétariat du Conseil du trésor nous a répété à plusieurs reprises à la table de négociation qu’il ne pouvait nous offrir plus, qu’il avait atteint sa limite. Mais nos instances nationales ont refusé de considérer l’offre du gouvernement comme une entente de principe. Avec l’annonce pour les infirmières, on constate en effet que le gouvernement a de la marge de manœuvre pour améliorer l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre dans le secteur public », affirme M. Bélanger.

Il déplore aussi que les annonces du gouvernement n’abordent que la problématique du temps supplémentaire obligatoire (TSO). Pour les professions membres de l’APTS, le TSO n’est pas un enjeu. Les membres doivent toutefois atteindre des objectifs liés à la charge de cas les obligeant parfois à donner du temps, ajoute M. Bélanger. « Ils vivent quotidiennement une surcharge, de l’épuisement et du stress. De la paperasse, ils en ont énormément. Ils doivent rédiger des notes évolutives, rédiger des plans d’action et faire des évaluations », poursuit-il.

Le représentant syndical dénonce aussi que les listes d’attente soient manipulées afin que des patients soient pris en charge de façon administrative sans qu’ils aient eu de services. « Ce qu’il est bien important de comprendre, c’est que ces listes d’attentes n’apparaissent pas aux yeux du gouvernement, elles sont cachées par un stratagème élaboré par les directeurs et les gestionnaires pour atteindre les cibles exigées par le gouvernement. À titre d’exemple, il y a présentement près de 600 dossiers en liste d’attente cachée pour le programme Accès Jeunesse en CLSC », assure M. Bélanger.

La porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est, Marianne Paquette, répond toutefois qu’il n’y a aucune liste d’attente cachée. « Nous communiquons régulièrement l’état de nos listes d’attente aux diverses instances. […] Considérant les besoins grandissants de la clientèle, une démarche conjointe avec les représentants locaux de l’APTS est entamée pour solutionner certaines problématiques liées à un contexte de pénurie de main-d’œuvre de certains titres d’emploi qu’ils représentent. »

Le CISSS content des primes

Le CISSS de la Montérégie-Est s’est pour sa part réjoui de l’annonce du gouvernement provincial. Il profite de l’occasion pour inviter les personnes intéressées à postuler. Au moment de mettre sous presse, on retrouvait 30 postes à pourvoir dans la catégorie d’emploi des soins infirmiers sur le territoire Richelieu-Yamaska.

« Nous sommes heureux que notre personnel puisse bénéficier de ces nouvelles mesures. Cela représente aussi de beaux leviers nous permettant d’accueillir de plus en plus de nouvelles ressources et ainsi améliorer les conditions d’exercice », souligne la directrice des ressources humaines du CISSS de la Montérégie- Est, Vicky Lavoie.

Les primes varient entre 12 000 $ et 15 000 $ selon si l’employé travaillait déjà ou non pour le réseau public de la santé. Des primes de 200 $ peuvent s’ajouter pour chaque quart additionnel travaillé pendant les fins de semaine de congé. Le gouvernement prévoit aussi un montant forfaitaire de 2000 $ pour les personnes de jour qui choisiront de changer pour le quart de soir ou de nuit pendant quatre semaines consécutives.

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