3 mai 2018
Carte blanche
Les profiteurs
Par: Christian Vanasse

Quand il s’agit de fouiller, de prospecter et de creuser, les représentants des minières, gazières ou pétrolières deviennent des Casanovas d’opérette. Ils reluquent nos ressources comme si elles leur appartenaient, se voyant déjà y planter leurs pépines, et pour la forme, nous feront les plus belles promesses et nous roucoulerons à l’oreille les douces mélodies de lendemains qui chantent. 

Et s’ils appréhendent un tant soit peu de résistance à leurs avances, ils verseront, avec la complicité du gouvernement, un peu d’acceptabilité sociale dans notre petit verre de drink, histoire de bien nous endormir. Ils pourront ensuite forer toute la nuit, garder pour eux le fun et les profits et se tirer ensuite en douce sans assumer les conséquences ou laisser de numéro de téléphone.C’est ainsi qu’au fil du temps, les minières, gazières et pétrolières ont laissé derrière elles plus de 700 sites « orphelins » dont il faudra maintenant s’occuper collectivement. Combien y en a-t-il exactement de ces lacs contaminés, tuyaux percés qui traversent les champs ou têtes de puits qui sifflent jour et nuit un petit filet de méthane dans l’atmosphère?

On le sait pas. Encore moins combien ça va coûter. Y a seulement deux inspecteurs pour le territoire québécois au complet. Pas deux cents, pas deux dizaines, juste… deux. J’espère qu’ils font du covoiturage. Ah, mais inquiétez-vous pas, juste avant les élections, on nous promet de tripler les effectifs. Mais pas les outils. Ils vont être dans le même char, juste un peu plus tassés. 

Vous pouvez gager que le prochain gouvernement, à son arrivée au pouvoir, qu’il soit libéral, caquiste ou péquiste, va se faire un plaisir de couper dans cette folle dépense pour mieux livrer nos ressources aux mains des profiteurs. Il serait temps qu’on lance un #moiaussi pour notre territoire.

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