30 juin 2011
Déménagement du 1er juillet
Les refuges pour animaux débordent
Par: Nicolas Dubois

Doux, affectueux, fidèle et… ne perd pas beaucoup de poils! Navré mesdames, ce n’est pas le profil de l’homme idéal. Mais plutôt celui de Jack, un rottweiler croisé bouvier bernois de deux mois, qui se cherche une nouvelle famille.

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En cette période de déménagement, plusieurs personnes désirent se débarrasser de leur animal de compagnie. Les refuges sont pleins à craquer et peinent à s’occuper de tous les animaux délaissés.

Au refuge de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, à Saint-Hyacinthe, le 1er juillet est une période achalandée. « Plusieurs familles sont à la dernière minute et veulent que nous nous occupions de leur animal sur-le-champ. Cependant, nous sommes débordés et les gens doivent nous contacter à l’avance », explique la professeure responsable du refuge, la vétérinaire Genevière Lessard. Selon la docteure Lessard, les raisons sont multiples pour abandonner un compagnon avant un déménagement : interdiction d’avoir un animal dans un nouveau logement, allergies ou encore l’arrivée d’un bébé. « Dans beaucoup de cas, la raison principale de l’abandon, c’est une mauvaise sélection à la base. C’est très fréquent avec les chiens. Les gens ont un coup de coeur et achètent l’animal, sans se renseigner. Il faut savoir que certains chiens sont plus actifs, d’autres perdent beaucoup de poils. C’est une responsabilité avoir un animal. »Si certaines personnes sont patientes et cherchent un refuge à leur animal de compagnie, afin d’éviter l’euthanasie, d’autres ne se soucient pas du bien-être des boules de poils et optent pour la facilité. « Il est malheureusement fréquent que nous trouvions des chiens attachés à l’entrée ou encore une boîte avec un chat abandonné à l’ouverture du refuge. Il y a même des locataires qui déménagent et qui oublient volontairement leur animal. Les propriétaires viennent nous voir, ne sachant pas quoi faire », illustre la docteure Lessard. Le refuge de Saint-Hyacinthe existe depuis une vingtaine d’années. Initiative d’un groupe d’étudiants, le refuge peut accueillir une cinquantaine d’animaux. C’est aussi un milieu d’apprentissage pour les futurs vétérinaires et les étudiants en santé animale du Cégep de Saint-Hyacinthe. Le refuge ne pratique aucune euthanasie et n’accepte pas tous les animaux. Il faut prendre rendez-vous pour se départir d’un compagnon à quatre pattes. L’animal est ensuite vacciné, stérilisé et vermifugé avant d’être vendu à bon prix à une famille d’adoption.

Manque de prévoyance

Même son de cloche du côté du refuge pour animaux de la Fondation Caramel, situé à Saint-Valérien, qui dessert aussi les municipalités de Saint-Liboire, Saint-Hugues, Upton et Saint-Simon.

La directrice, Louise Meunier, observe une augmentation du nombre d’abandons à l’approche du 1er juillet. « Les gens se prennent à la dernière minute. Ils ne sont pas prévoyants. Quand ils ne savent pas quoi faire avec leur animal, ils font du « dumping ». Nous sommes souvent appelés à recueillir un animal abandonné dans un parc, enchaîné à un poteau ou à un arbre. »Selon Mme Meunier, les familles abandonnent leur chien lorsqu’il commence la « crise d’adolescence ». « Un chien, c’est comme un humain. Il faut l’éduquer, lui montrer les bons et les mauvais comportements. Près de 98 % des animaux abandonnés sont âgés de moins d’un an. Les familles ne prévoient pas qu’un animal est synonyme de responsabilités. »La Fondation Caramel recueille les animaux afin de les replacer dans une nouvelle famille, une fois le suivi médical et la stérilisation complétés. L’organisme compte plus de 200 bêtes. L’euthanasie n’est jamais pratiquée. « Il est plus difficile de trouver des acheteurs pour un animal plus vieux. Mais nous préférons les garder et nous en occuper. J’ai certains chats et chiens qui sont pensionnaires depuis plusieurs années. Ils font partie de la famille. »Pour les animaux errants, abandonnés ou trouvés morts sur le territoire de la Ville de Saint-Hyacinthe, c’est la Société protectrice des animaux de Drummond (SPAD) qui s’occupe de la gestion du service de fourrière. La Ville a récemment conclu une entente de cinq ans avec la SPAD pour qu’elle s’occupe aussi du service de licences, de plaintes, de cueillettes et d’euthanasie.

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