4 août 2011
Les ruines routières
Par: Martin Bourassa

L’effondrement d’une partie du tunnel Ville-Marie à Montréal survenu dimanche dernier a soulevé plus que de la poussière. Aussi des doutes et un gros nuage de suspicion envers toutes les infrastructures routières en général.

L’effondrement d’une partie du tunnel Ville-Marie à Montréal survenu dimanche dernier a soulevé plus que de la poussière. Aussi des doutes et un gros nuage de suspicion envers toutes les infrastructures routières en général.

Dimanche, on a miraculeusement évité le pire. Mais ce qui étonne et révolte à la fois c’est que cette chute d’une imposante section de béton n’est pas le fruit du hasard. Même si l’enquête est en cours, on sait maintenant que les dommages importants à la structure n’étaient pas écrits dans le ciel, mais dans des rapports d’inspection datant au minimum de 2008. Pire encore, les travaux de réfection n’ont pas réglé le problème, mais auraient plutôt contribué au désastre et à l’effondrement.Trouvez l’erreur! À la négligence dans l’entretien de cette infrastructure s’ajoute aussi une négligence certaine dans la réalisation ou la supervision des travaux de correction. Voilà qui amène à douter des compétences de ceux qui ont le mandat de réparer les pots cassés et de ceux qui doivent encadrer le tout.Et il n’y a pas que le béton des viaducs qui s’effrite dangereusement. La confiance envers le ministre des Transports Sam Hamad en a aussi pris un coup dans cet épisode, lui qui affirmait haut et fort dans les heures suivant la catastrophe que les automobilistes pouvaient circuler en toute confiance au Québec.Il a beau prétendre que nos routes sont sécuritaires, des rapports d’expertise suggèrent le contraire. Du moins dans le cas du tunnel Ville-Marie où l’avertissement lancé par les experts ne laissait présager rien de bon.Ce qui nous amène au dossier du viaduc Laframboise qui enjambe l’autoroute 20 au nord de Saint-Hyacinthe. On sait déjà depuis un an ou deux qu’il vit sur du temps emprunté puisque sa démolition a été annoncée.Ce qui n’est certainement pas le signe que ce viaduc est en bon état, lui qui a été heurté et ébranlé deux fois plutôt qu’une par le passé.On le dit mal en point et on le prétend mal conçu, mais à quel point? Bonne chance pour obtenir des réponses précises de Transport Québec. On a beau faire appel à la Loi d’accès à l’information pour obtenir les précieux rapports d’expertise des ingénieurs en structure, ceux-ci ne viennent pas spontanément aux journalistes que nous sommes. Ce qui rend l’ensemble encore plus suspect si vous voulez mon avis et ouvre grande la porte à toutes les spéculations.Et l’échéancier précis des travaux? Encore là, les réponses officielles sont évasives. On devine que pour l’instant le ministère des Transports est trop occupé à éteindre des feux, et à ramasser du béton, ailleurs. Mais rassurez-vous, vous trouvez toujours un fonctionnaire quelque part, ou mieux un ministre (!), pour vous dire que tout va bien, que tout est beau, que tout est sécuritaire sur nos routes. Il faut les croire sur paroles bien sûr puisque noir sur blanc, dans les rapports, on peut parfois y lire le contraire.Tiens j’y pense, le maire de Saint-Hyacinthe a-t-il déjà vu et lu les rapports d’inspection du viaduc Laframboise? La question est drôlement d’actualité.

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