27 juin 2019
Forum
Les Saisons, un discours patriotique
Par: Le Courrier

Photo François Larivière | Le Courrier ©

Discours patriotique 2019 écrit par Serge Fiori, Damien Robitaille, Pierre-Yves Lord et Debbie Lynch-White. Il s’intitule Les Saisons et commence avec les traditions de l’été de Serge Fiori… tel que lu par Christian Vanasse lors du spectacle de la Fête nationale 2019 à Saint-Hyacinthe.

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L’été selon Serge Fiori

Il y a les saisons dans la nature / et dans ce qu’on vit autour de nous et puis il y a aussi les saisons internes de l’homme.

C’est-à-dire qu’à travers notre vie, on vit ça.

On vit un printemps, on vit un été, on vit un automne, on vit l’hiver.

Le bonheur, c’est l’été! L’été, c’est les réjouissances…

Il y a les festivals, la Fête Nationale, tu te promènes dans les rues, tout le monde chante, il y a des scènes partout.

C’est la musique, c’est le rassemblement l’été.

Les traditions de l’été, c’est le bonheur : c’est les vacances au chalet, les pieds dans l’eau, se promener dans les festivals, s’arrêter et écouter les musiciens jouer dans la rue, les feux de joie entre amis, les épluchettes, les BBQ en famille et les terrasses!

L’été, c’est la liberté, on n’est pas cachés, on n’est pas au fond de nos appartements, on est libres!

L’été, c’est les balades en vélo, c’est manger un cornet après le match de baseball! L’été, c’est le bonheur d’être libres!

L’automne, selon le franco-ontarien Damien Robitaille

C’est l’automne 2003, et un jeune franco-ontarien de 22 ans est assis dans un autobus qui file sur l’autoroute 401 vers l’est de l’Ontario. Le chemin est bordé d’arbres resplendissants, colorés de rouge et de jaune. L’automne, c’est un sentiment d’émerveillement.

Tels les oiseaux qui migrent vers le sud à l’automne, plusieurs ancêtres font partie des milliers de francophones qui ont quitté le Québec pour s’étendre partout en Amérique.

En cette journée de Saint-Jean, célébrons tous ceux et celles qui ont lutté et qui luttent encore pour la survie et le rayonnement de la culture francophone de l’Atlantique au Pacifique jusqu’à l’Arctique.

Comme les feuilles d’automne, le français et ses accents sont pleins de couleurs. Mais ne les laissons pas tomber et partir au vent.

L’hiver, selon Pierre-Yves Lord, le p’tit gars de Québec

L’hiver, NOTRE hiver québécois qu’on aime, mais qu’on endure.

Mon hiver. En Inuktituk, on dit Quanik. La neige qui tombe.

Celle qu’on attrape langue en l’air, en courant.

Celle qui transforme nos pouces de mitaines en popsicle.

Celle qui a le super-pouvoir de fermer les écoles.

Cher hiver, on aime te célébrer en glissant, en flottant dans ta poudreuse, en scorant aussi, à la patinoire, même s’ils sont plus gros et plus forts que nous autres parce qu’avec un bâton dans les mains, on n’abandonne jamais.

T’sais mon hiver, c’est correct qu’on puisse s’aimer à distance.

Prends ton temps, mais revient. Parce qu’on a besoin de toi.

Tu forges notre caractère. Tu nous rends plus forts. Et quand t’es bien installé, tu nous oblige à nous coller pis ça… ben, on n’haït pas ça.

Le printemps, selon Debbie Lynch-White

Moi, mon printemps, même s’il ressemble de moins en moins à mes printemps d’avant, même si les changements climatiques le dénaturent sur un moyen temps, mon printemps, je le célèbre à la saveur de l’érable.

Je le célèbre en sachant qu’il existe presque autant de versions du récit de la découverte de l’eau pis du sirop d’érable qu’il existe de communautés chez les premiers peuples. Abénakis, Anishnabe, Attikameks qui ont transmis ce savoir séculaire aux colons français.

La cabane à sucre, c’est aussi être ensemble. Entre amis, en famille, entre voisins ou même avec du monde qu’on a jamais vu! Pis y a rien qui nous unit comme des bons vieux rigodons!

Ça nous plug à nos racines, ça nous rappelle nos grands-pères pis nos grands-mères et ça nous colle un sourire qui engourdit les joues pour le reste de la veillée!

Moi, je veux, pour que la joie soit exponentielle pis que la sève sucrée des érables continue de couler dans les veines de notre ADN culturel, je veux que nos expertises, que nos passions pis que notre soif insatiable d’être ensemble, agglutinés les uns sur les autres, nous propulse sur les sentiers, remplis d’érable, de notre fierté d’être qui nous sommes.

Et enfin, la 5e saison selon Serge Fiori

Il y a les saisons dans la nature et dans ce qu’on vit autour de nous et puis, il y a aussi les saisons internes de l’homme. C’est-à-dire qu’à travers notre vie, on vit ça. On vit un printemps, on vit un été, on vit un automne, on vit l’hiver pis là il faut se préparer vers… la 5e saison.

La 5e saison qu’il faut trouver à l’intérieur de nous, qui n’a rien à voir avec les autres. C’est la paix et la sérénité. Dans tout ce qu’on fait.

Vieillir, c’est apprendre à ne plus forcer. La 5e saison est là, elle est maintenant.

On se doit de défendre notre langue, de défendre notre culture, on a la plus belle langue, on a la plus belle culture! On est des phénomènes par tête au niveau du talent qu’on a.

On est brillants, on est lumineux comme peuple.

Ce soir, on a les 4 saisons et c’est fantastique de les avoir et c’est très beau. Mais il nous manque la 5e qui est notre désir de vivre. À tous les niveaux. À la grandeur de ce qu’on est.

Je nous souhaite et je vous souhaite la 5e saisons.

C’est ça. Il y a juste ça.

Bonne Fête nationale!

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