24 novembre 2011
Les sans-desseins
Par: Martin Bourassa

La Ville de Saint-Hyacinthe devrait-elle privilégier les candidatures locales quand vient le temps d’engager du personnel? Grosse question.

La Ville de Saint-Hyacinthe devrait-elle privilégier les candidatures locales quand vient le temps d’engager du personnel? Grosse question.

À écouter le conseiller Bernard Barré lundi soir au conseil, il ne fait aucun doute là dessus. Les comités de sélection de la Ville ne sont pas assez sensibles au fait maskoutain, dit-il, ce qui renvoie l’image que les gens d’ici sont « des sans-desseins ».Ce n’est pas d’hier qu’il s’élève contre les candidatures externes et les choix soumis au conseil pour des postes de fonctionnaires ou d’employés. Il est conséquent.Lundi soir il s’est indigné une fois de plus, et le mot n’est pas trop fort, contre les embauches d’une agente de développement à la culture provenant de Montréal, d’un coordonnateur en contrôle de qualité de Saint-Césaire et d’une contremaître au département Parcs et Horticulture provenant de Brigham. À chaque fois, ces gens ont été choisis au détriment de candidats domiciliés à Saint-Hyacinthe, selon M. Barré. Évidemment, on lui a assuré que les candidats choisis se démarquaient nettement du lot. Ils étaient les meilleurs candidats disponibles. Le départage de deux candidats de compétences égales n’a pu être appliqué.Sur ce point, il faut croire le comité de sélection sur paroles, car aucun élu ne siégeait à ces comités, ce que dénonce avec raison le conseiller de La Providence. Mais sur ce point, il n’a que lui et ses collègues à blâmer. Si un ou des élus participent à l’embauche de certains cadres, pourquoi ne pas le faire quand il s’agit d’un contremaître?Les processus d’embauche ne sont jamais parfaits. Chaque embauche se joue sur des perceptions qui ont parfois peu ou pas à voir avec les diplômes et les compétences.À titre d’exemple, si vous pensez qu’un journaliste qui détient une formation universitaire et qui travaille pour un quotidien est forcément meilleur et plus efficace qu’un journaliste formé au cégep et qui travaille pour un hebdomadaire, vous vous mettez le doigt dans l’oeil. Pourtant, il y a fort à parier qu’un comité de sélection privilégierait le premier au détriment du second. La décision d’engager un employé repose sur des critères hautement subjectifs et à cet effet les choix passés des comités de sélection de la Ville de Saint-Hyacinthe ont souvent vu de soi-disant perles rares se planter royalement.En ce qui concerne la Ville de Saint-Hyacinthe, je suis d’avis qu’elle ne doit pas automatiquement privilégier les candidats locaux. Elle doit aussi éviter l’ingérence politique qui lui ferait embaucher l’ami ou le fils incompétent d’une connaissance.J’aimerais cependant avoir l’assurance que les candidatures provenant de Saint-Hyacinthe et la région représentent une valeur ajoutée. Que cela pèse un peu dans la balance quand vient le temps de départager les candidats. Si on ne peut pas refuser à un candidat de Montréal la possibilité de postuler, on devrait au moins reconnaître les atouts que possèdent ceux et celles qui connaissent déjà le milieu et ses subtilités.Surtout quand vient le temps de choisir des gens que l’on paie avec nos taxes. Si la Ville de Saint-Hyacinthe ne donne pas leur chance aux Maskoutains, qui le fera?

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