11 février 2021
Carte blanche
Les saumons
Par: Christian Vanasse
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Lundi matin de bonne heure, y’était pas encore 8 heures que ça faisait déjà la file devant le coiffeur des Galeries. Sur place, un journaliste du Courrier avait croqué la scène et constatait que plus de 25 personnes attendaient l’ouverture du barbier et, même sous les masques, on pouvait deviner des sourires aussi longs que les repousses.

Cette toute petite nouvelle ne ferait pas la « une » en temps normal, mais en temps de pandémie, pardonnez le jeu de mots, elle devenait virale. Les gens approuvant, partageant et commentant comme si ce simple fait divers était devenu un événement important. Et d’une manière, ce l’était pour plusieurs.

Après un long confinement, la réouverture des « commerces non essentiels » a été accueillie comme les premières journées du mois de mars qui frôlent les 5 degrés au-dessus de zéro. Ces journées où le moindre ensoleillement de plus de 20 minutes consécutives nous donne soudainement l’envie pressante de déguster une bière sur une terrasse en t-shirt, en lunettes fumées pis surtout avec-pas-de-tuque! Et comme peuple nordique, on le sait que c’est normal, voire même nécessaire, après un long hiver, de ressentir l’excitation du saumon, la force de la crue et la montée de la sève dès qu’on voit fondre la glace qui nous enferme dans nos grottes.

Y a toujours ben des limites à se faire livrer des colis en pyjama pis quand t’as fait le tour du catalogue de Netflix et de la SQDC pis qu’on te salue par ton petit nom quand tu entres à la SAQ… c’est signe qu’il faut recommencer à voir du monde. Au fond, c’est pas l’ouverture des salons de coiffure, des restos, des gyms ou des bars qu’on attend avec le plus de fébrilité. C’est l’occasion d’interagir à nouveau avec des êtres humains en réalité non augmentée.

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