1 novembre 2012
Les sondages
Par: Martin Bourassa

À la demande de la Ville de Saint-Hyacinthe, la firme Léger Marketing est en train (c’est le cas de le dire!) de sonder les Maskoutains, question de savoir s’ils sont plus type tunnel ou passage à niveau. Il s’en trouvera sans doute quelques-uns pour répondre qu’ils sont aux deux ou carrément ni à l’un, ni à l’autre. Au viaduc!

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À la demande de la Ville de Saint-Hyacinthe, la firme Léger Marketing est en train (c’est le cas de le dire!) de sonder les Maskoutains, question de savoir s’ils sont plus type tunnel ou passage à niveau. Il s’en trouvera sans doute quelques-uns pour répondre qu’ils sont aux deux ou carrément ni à l’un, ni à l’autre. Au viaduc!

Je ne sais pas si je ferai partie des 1 000 citoyens qui seront sondés d’ici au 9 novembre, mais pour une fois, j’aimerais bien répondre à ce sondage.Pas tant y répondre que d’entendre les questions. La formulation des questions est le principal défi de l’exercice. Pas évident du tout de concevoir des questions neutres sans les précéder d’un préambule d’une page! Pas facile de mettre en contexte un tel dossier dans la mesure où il a été démontré qu’on peut faire dire à peu près n’importe quoi aux chiffres avancés, particulièrement l’impact des deux options sur le compte de taxes.J’ai bien tenté d’obtenir ces questions auprès de la Ville de Saint-Hyacinthe, mais sans succès. La directrice des communications ne voyait pas l’intérêt de diffuser un questionnaire sans les résultats. Surtout en pleine collecte. « À ce stade-ci, diffuser, et surtout commenter, publiquement le questionnaire sans les résultats risquerait de biaiser la valeur statistique du sondage », m’a-t-elle gentiment expliqué.Merci de me prévenir, j’en prends bonne note. Il faut dire qu’en matière de biais elle s’y connaît peut-être mieux que moi, car elle a supervisé la rédaction de la petite brochure qui a mis la table aux trois rencontres d’information.Alors à défaut de pouvoir commenter les questions, je vais commenter la pertinence du sondage. Il s’agit d’une perte de temps et d’une dépense inutile compte tenu de la complexité du dossier. S’cusez moi de biaiser la valeur statistique du sondage.D’autant plus qu’une majorité de conseillers municipaux a déclaré au COURRIER au terme de la troisième rencontre qu’ils n’accorderaient pas beaucoup d’attention au résultat de ce sondage, comme tout politicien qui se respecte d’ailleurs.Tant mieux, car l’histoire récente des campagnes politiques a démontré que les sondages sont une science bien inexacte. Le sondage Léger Marketing sera cependant le deuxième du genre sur le boulevard Casavant. Il est bon de rappeler que nous en avions aussi commandé un. C’était en février 2011 à l’époque où le conseil semblait voguer allègrement vers la construction d’un tunnel. Nous avions demandé à la firme de sondage CROP de réaliser ce coup de sonde défrayé par LE COURRIER.À ce moment, pas moins de 70 % des quelque 400 répondants se disaient en accord avec l’aménagement d’un passage à niveau, bien que près de 50 % des répondants préféraient l’aménagement d’un tunnel. Quand nous ajoutions le facteur coût des options estimé grossièrement à ce moment à 7 M$ pour un passage à niveau et 20 M$ pour l’aménagement d’un tunnel, la préférence envers le tunnel chutait de 12 points.On retiendra surtout de notre sondage CROP qu’une forte majorité de répondants (71 %) souhaitaient que le choix soit fait par les contribuables lors d’un référendum. À peine 25 % voulaient en effet s’en remettre au bon jugement des élus.

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