5 septembre 2013
Été dans le 450
Les supplices de la vie avec Jean-Marc Parent
Par: Émilie Madore
Jean-Marc Parent roule son spectacle <em>Torture</em> depuis deux ans déjà. Il en est à sa 15 e représentation au Centre des arts Juliette-Lassonde.

Jean-Marc Parent roule son spectacle Torture depuis deux ans déjà. Il en est à sa 15 e représentation au Centre des arts Juliette-Lassonde.

Musique entraînante, éclairage effervescent et applaudissements rythmés; Jean-Marc Parent est apparu au coeur de « sa » salle des tortures composée d’un grand fauteuil blanc, de trois lustres et de chaînes suspendues au plafond. L’humoriste était d’attaque pour sa 15 e représentation de Torture à Saint-Hyacinthe.

Autant psychologiquement que physiquement, Jean-Marc Parent expose devant son public la torture à laquelle l’être humain est confronté au cours de sa vie, en passant de l’enfance à l’âge adulte, de la peine d’amour au bégaiement. Une torture qui n’en est pas une à l’oreille quand il nous la raconte à sa façon.

Il a entamé ses presque quatre heures de spectacle avec un avertissement au public : « j’espère que vous ne travaillez pas demain, parce que je sais quand on commence, mais je ne sais pas quand on finit! ».Si l’humoriste a lancé quelques flèches à Saint-Hyacinthe et ses « sens uniques », il a tout de même envoyé une fleur au Centre des arts, « à sa plus belle salle de spectacle du Québec, à la qualité de ses équipements et au professionnalisme de son équipe ».

Au quotidien

Généreux de son temps (parfois un peu trop) et amical avec le public, Jean-Marc Parent rapporte les banalités de la vie de tous les jours. Ses talents de conteur sont mis ardemment à l’épreuve. Que ce soit au moment de faire l’achat d’un nouveau matelas, ou encore pour recevoir le « ballon-chasseur » en plein visage, JMP sait assurément soutirer un petit sourire à tout moment.

Il nous dresse le portrait de ce qu’était la torture à l’époque lors de son passage dans un musée et l’utilise pour imager la souffrance à laquelle sont confrontés certains jeunes aujourd’hui : « l’instrument de torture le plus accessible aujourd’hui est la parole! »Souvent l’humoriste s’adresse à « ceux de son âge » en s’engageant dans un monologue sur le vieillissement. Il enchaîne mimiques et onomatopées en caricaturant la chirurgie plastique. Plusieurs de ses amis se retrouvent au coeur de ses monologues dynamiques durant lesquels nous pouvons facilement nous représenter une de nos connaissances.Le public a eu droit à un entracte qui aurait pu porter à confusion vu la longueur de la première partie et l’heure qu’il était (22 h 15), par chance la deuxième partie aura gardé les spectateurs en alerte.Jean-Marc Parent nous apprend aussi qu’il se rend en Floride l’hiver depuis quelques années. Le numéro qui restera sans doute le plus fort de la soirée est sans contredit celui des pierres aux reins, alors qu’il a dû avoir recours aux services hospitaliers américains pour se faire retirer ladite pierre. Une histoire qui sera difficile à oublier pour certains messieurs.

Une question de temps

Un thème musical de conclusion un peu trop long pour l’énergie dont les gens disposaient encore à cette heure (23 h 35); l’ovation debout se sera fait attendre quelque peu, rendant le salut de l’humoriste à la limite « malaisant ».

Cela dit, seul Jean-Marc Parent peut rendre toute cette torture agréable à endurer. Il sera de retour en supplémentaire au Centre des arts Juliette-Lassonde les 12 et 13 juin 2014. À ne pas manquer si vous en voulez pour votre argent… si vous avez le temps!

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