28 juillet 2016
Optilab
Les travailleurs de la santé défendent leur labo
Par: Rémi Léonard
La présidente du Syndicat des technicien(nes) et des professionnel(les) du CSSS Richelieu-Yamaska, Lucy Mousseau. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La présidente du Syndicat des technicien(nes) et des professionnel(les) du CSSS Richelieu-Yamaska, Lucy Mousseau. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les craintes s’accumulent dans le milieu de la santé maskoutain face au projet Optilab, qui vise à transférer vers Longueuil une grande partie des analyses réalisées au laboratoire médical de l’Hôpital Honoré-Mercier.

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Le gouvernement cherche ainsi à réaliser des économies d’échelle, dans la même logique que celle derrière les fusions administratives de la Loi 10. Cette centralisation implique toutefois des investissements importants à l’Hôpital Charles-LeMoyne, afin que son laboratoire puisse recevoir et traiter l’ensemble des échantillons non urgents de la Montérégie. Jusqu’à 70 % du volume traité à Honoré-Mercier pourrait être détourné vers le laboratoire centre, d’après la CSN, qui parle d’une « autre lubie centralisatrice » du ministre Gaétan Barrette.

L’implantation d’Optilab pourrait commencer au printemps 2017, selon la centrale syndicale, qui dénonce déjà vigoureusement le projet. Une action de visibilité a été organisée le mois dernier devant l’Hôpital Honoré-Mercier pour se porter à la défense du laboratoire de l’endroit. « Le laboratoire de Saint-Hyacinthe est performant et offre des services de qualité », a soutenu Lucy Mousseau, la présidente du Syndicat des technicien(nes) et des professionnel(les) du CSSS Richelieu-Yamaska, affilié à la FSSS-CSN. Elle ne comprend pas l’idée de chambouler un service qui fonctionne pourtant bien.

Se perdre en chemin

Le transport d’échantillons jusqu’à Longueuil, qui serait assuré par le privé, ne peut qu’allonger les délais, soutient-elle. Entre la manutention supplémentaire, les 50 kilomètres de route et la transmission d’informations à distance, de nombreux échantillons seront détériorés ou simplement perdus au fil du processus, prédit Lucy Mousseau.

Il faudra alors en prélever de nouveaux et recommencer le parcours. « Pendant ce temps, le médecin n’a pas les résultats et ne peut pas poser de diagnostic », illustre-t-elle pour expliquer les retards considérables à prévoir dans les traitements. Actuellement, certains tests peuvent se faire en une heure, soutient la présidente du syndicat local, chose impensable avec l’application d’Optilab.

Perte d’expertise

Si les échantillons prennent le chemin de Longueuil, les employés devront nécessairement suivre aussi. Le projet se traduira donc par une perte d’expertise à l’Hôpital Honoré-Mercier, et le départ de « bons emplois » pour Saint-Hyacinthe, avertit le syndicat. Une centaine de travailleurs pourraient être touchés, précise Lucy Mousseau.

La CSN juge que le système de santé n’est tout simplement pas prêt pour de tels changements et que l’application rapide d’Optilab aurait des conséquences néfastes sur les services offerts à la population. Le syndicat réclame donc un moratoire sur le déploiement du projet.

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