31 mai 2012
Réforme de l'assurance-emploi
Les travailleurs saisonniers risquent d’en arracher
Par: Jean-Luc Lorry
La réforme de l'assurance-emploi aura un impact sur l'embauche de travailleurs agricoles étrangers.

La réforme de l'assurance-emploi aura un impact sur l'embauche de travailleurs agricoles étrangers.

La refonte de l’assurance emploi présentée par la ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley, risque de provoquer le mécontentement des chômeurs, mais aussi celui des employeurs utilisant régulièrement des travailleurs saisonniers.

Cette réforme vise principalement la catégorie de travailleurs désignée comme « prestataire fréquent » par Ottawa. Ceux-ci devront dorénavant accepter tout emploi pour lesquels ils sont qualifiés et pouvant représenter 70 % de la rémunération précédente. Le lieu de travail devra être situé à moins d’une heure du domicile.

« Le gouvernement conservateur déclare la guerre aux travailleurs saisonniers, déplore Yvan Boulay du Mouvement action chômage. Avant d’avoir accès aux travailleurs agricoles étrangers, l’employeur devra vider le bassin des chercheurs d’emplois locaux. »Quotidiennement, le gouvernement adressera par courriel une liste d’emplois correspondant aux qualifications du prestataire de l’assurance chômage. Par contre, celui-ci n’aura plus la possibilité de décliner une offre d’emploi puisqu’il s’exposera à des pénalités comme une réduction du nombre de semaines de prestation.« La conséquence de cette réforme est de contraindre une personne au chômage à accepter un emploi qu’elle n’accepterait pas aujourd’hui et en plus, elle sera rémunérée à la baisse », estime M. Boulay.« Cette mesure va réduire le pouvoir d’achat de nombreux travailleurs et provoquer un appauvrissement collectif », poursuit-il.Chez les Serres Rosaire Pion & Fils, on engage presque 100 travailleurs saisonniers par année sur une période de trois à dix mois. « Cette réforme pourrait être problématique pour notre secteur d’activités », observe Dominic Pion, copropriétaire de cette entreprise horticole de Saint-Hyacinthe.Chez les producteurs maraîchers, devoir embaucher des travailleurs locaux affectés à des tâches qui ont souvent fait l’affaire d’employés saisonniers étrangers pourrait compliquer la gestion du personnel.« Le gouvernement nous pousse déjà à embaucher des personnes qui résident dans la région, mais qui ne veulent pas travailler chez nous », indique Donald Fontaine, l’un des propriétaires d’une importante entreprise maraîchère qui était connue autrefois sous le nom de Spingola.Pour cueillir des légumes durant cinq mois, M. Fontaine, tout comme son prédécesseur, fait appel à de la main-d’oeuvre étrangère composée de travailleurs en provenance du Mexique et du Guatemala.

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