5 avril 2012
Hausse des frais de scolarité universitaire
Les verts et les bleus sortent de l’ombre
Par: Le Courrier

Pendant que les étudiants du Cégep de Saint-Hyacinthe mobilisés contre la hausse des frais de scolarité poursuivaient leur piquetage et leurs actions rouges cette semaine, les étudiants contre la grève sortaient de l’ombre.

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Les verts – qui sont pour la hausse – et les bleus – qui s’opposent à la hausse, mais aussi à la grève – ont choisi de s’allier pour mener une bataille commune contre le mouvement de grève étudiant.

« On n’est pas des égoïstes ou des enfants de riches. On fait des choix différents, tout simplement », a expliqué Sarah Witty cette semaine, après avoir pris l’initiative de rassembler ceux qui, comme elle, on hâte de rentrer en classe.« Je suis pour la hausse parce que je veux offrir une meilleure éducation aux prochaines générations. Dans un Québec endetté, cette étape devra être franchie tôt ou tard. Il ne faut pas reporter un fardeau encore plus grand sur ceux qui suivront. »Les verts qui ont osé se prononcer jusqu’ici affirment toutefois en avoir subi les conséquences. Ricanements, chahuts, railleries et intimidation sur les réseaux sociaux, ils en ont vu de toutes les couleurs. « Au bout du compte, ça ne change pas nos convictions, mais c’est dommage de constater que la liberté d’exprimer son opinion va juste d’un côté. On est 44 % à avoir voté contre la reconduction de la grève la semaine dernière. Ce n’est pas marginal. Il faut qu’on fasse davantage sentir notre présence », ajoute Vanessa Hurens, une jeune maman du programme de soins infirmiers.Les verts et les bleus reprochent aussi aux leaders étudiants de véhiculer des informations erronées ou incomplètes pour répondre aux inquiétudes des grévistes. Sans se mêler au débat, la direction du collège rappelle que les informations officielles qu’elle détient quant aux conséquences de la grève sont régulièrement mises à jour sur le portail des étudiants. Ainsi, le Cégep a fait savoir que si la grève devait se terminer aujourd’hui jeudi, la fin des cours devrait être fixée au 15 juin. Elle a aussi prévenu que la session d’été était sérieusement compromise. « Bien sûr, tout ça est sujet à négociation. Ultimement, c’est le conseil d’administration qui prend les décisions, a expliqué la directrice des communications, Véronique Blain. Le Cégep est neutre. Il fait confiance à l’intelligence des étudiants pour faire leur choix. »Les verts et les bleus réclament désormais un vote sur Internet, via leur portail étudiant, pour favoriser un plus grand taux de participation. Cette forme de scrutin est reconnue par le Cégep, a confirmé Mme Blain.

Saint-Hyacinthe en rouge

Fort de la dernière reconduction de grève, les rouges, eux, ont poursuivi leur combat au cours de la semaine. Mercredi, ils ont pris la route de Sherbrooke pour rejoindre une manifestation dans le comté du premier ministre Jean Charest.

Mardi, ils avaient répandu à travers la ville une traînée de rubans rouges. On les voyait, entre autres, sur chacun des lampadaires de la rue Girouard ou bayonnant la statue de Jacques-Hyacinthe-Simon Delorme, à l’entrée du centre-ville.Les étudiants se sont aussi fait entendre vendredi, pour accueillir le ministre Pierre Corbeil, venu lancer les célébrations entourant le 50e anniversaire de l’Institut de technologies agroalimentaires (ITA). Les manifestants se sont alors introduits dans le pavillon principal à l’heure où s’amorçaient les allocutions pour exprimer bruyamment leur opposition à la hausse des frais de scolarité. Cette perturbation a duré une quinzaine de minutes, jusqu’à ce que les policiers leur remettent un avis d’éviction. Les étudiants ont alors poursuivi leur manifestation dehors, devant l’édifice. « C’est un avertissement. Quand un ministre libéral vient à Saint-Hyacinthe, il nous trouve sur son chemin », a lancé le président du RÉÉCSH, Anthony Chiasson-Leblanc, à ses troupes avant de quitter les lieux quelques minutes plus tard.Le prochain vote de reconduction de la grève aura lieu aujourd’hui, jeudi.

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