5 avril 2012
Carte postale de Yan Courtois
Les yeux tournés vers Londres
Par: Le Courrier

Le printemps fleurit dans les grands jardins de Londres alors que la ville met la touche finale aux préparatifs des grandes célébrations qui marqueront l’année 2012. Avec le jubilé de la reine et la venue des Jeux olympiques, tous les yeux seront tournés vers la capitale du Royaume-Uni cet été. Et quoi de mieux pour avoir un avant-goût de la fête qu’une visite guidée en compagnie d’un Maskoutain?

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Yan Courtois s’est installé à Londres par affaire. Originaire de Saint-Thomas-d’Aquin, il a étudié à la Polyvalente Hyacinthe-Delorme avant de compléter un programme technique en informatique au Cégep de Saint-Hyacinthe.

Puis, il a quitté le nid familial pour étudier en informatique de gestion à l’Université de Sherbrooke. Rapidement, il a décroché un emploi auprès d’une entreprise québécoise qui avait autant d’ambitions que lui. « Je suis devenu un excellent consultant en intelligence d’affaires et un jour on m’a demandé si ça me tentait d’aller gérer tout le côté technique de l’entreprise en Europe depuis Londres. »L’entreprise qui se spécialise en solution informatique de gestion des talents a depuis connue une croissance phénoménale. « C’est ça Londres : une ville d’affaires. Une ville de transition ou plusieurs personnes sont de passage. La façon britannique de faire de la business est très différente, plus pragmatique et analytique. C’est peut-être pour ça que tous les projets de Londres se transforment en success-story. Prenez les Jeux olympiques : ils ont lieu dans quatre mois et le parc est déjà terminé. On attend la visite! »Si s’expatrier ne fut plus difficile que prévu, Yan Courtois savoure aujourd’hui sa vie à Londres entre deux voyages d’affaires dans les plus grandes capitales de l’Europe. « Je ne suis pas un amateur des sites touristiques. J’aime découvrir une ville en observant, en me frottant à la vraie vie des gens qui l’habitent. »

Visite royale

Londres grouille d’une énergie évidente. Malgré des milliers d’années d’histoire, l’esprit y est toujours aussi effervescent.

Londres est aussi gigantesque, mais bien pourvue en matière de transport en commun. Les autobus emblématiques à deux étages et le fameux « Tube » souterrain facilitent les déplacements, qui sont toujours longs toutefois. « Prévoyez de 30 à 45 minutes pour vous rendre d’un quartier à l’autre, parce que c’est immense, conseille Yan. Et surtout, ayez toujours une carte de la ville avec vous! »À défaut de quoi vous pourrez héler un taxi, pour vivre une expérience typiquement londonienne dans l’un des charmants bolides noirs, dont l’aménagement intérieur est optimal. Les taxis sont d’ailleurs une véritable institution dans la capitale. Ne les conduit pas qui veut. Les chauffeurs doivent compléter un cours de deux ans avant d’obtenir leur permis. « Ils doivent être capables d’identifier le plus court trajet d’un point A au point B dans un périmètre de cinq miles autour de Charing Cross, le centre de Londres, nous apprend Yan. Et ce sont des gentlemen, des gens qui prennent une réelle fierté à vous parler de l’histoire de la ville et à vous rendre service. »L’architecture impressionnante des édifices de Londres rend chacun de ses quartiers insaisissables d’un seul regard. Il faut donc prendre le temps de se promener lentement dans les quartiers, comme dans South Kensington ou Chelsea, les préférés de notre hôte. Parmi ses coups d’oeil favoris sur la ville, Yan suggère la vue du pont Waterloo avec le Palais de Westminster en toile de fond. Le paysage imprenable du haut du London Eye mérite aussi le détour. Cette grande roue de 135 mètres de diamètre s’élève lentement pour permettre d’admirer le spectacle de Londres à 360 degrés.« À Londres, il faut aussi profiter des immenses parcs. Au printemps, avec les fleurs partout, c’est absolument magnifique », affirme le Maskoutain.Du parc St.James, vous pourrez vous rendre au changement de garde du Palais de Buckingham. « On ne peut pas s’imaginer quelque chose du genre. Pour nous, la monarchie c’est très abstrait. Ici, c’est prestigieux. C’est partie intégrante de la vie. »Puis, pour conclure chacune de vos journées occupées, c’est dans un pub qu’il faudra vous réfugier, tradition anglaise oblige. « Les appartements coûtent une fortune et ils sont très petits. Tant qu’à passer leurs soirées dans 500 pieds carrés, les gens sortent dans les pubs. C’est comme leur salon. »Les gens cuisinant peu, la soirée au pub peut facilement se prolonger depuis la fin de la journée de travail jusqu’à la fin de soirée. « Ici, manger, c’est d’abord une obligation. Un lunch d’affaires à Londres, c’est se ramasser quelque chose sur le pouce et vite retourner parler business. C’est à l’opposé de Paris, où l’on s’attable pendant des heures dans des restaurants luxueux pour impressionner les clients. »Par ailleurs, l’aéroport Heathrow de Londres est une plaque tournante vers toute l’Europe. Ainsi, il n’est pas rare de voir les gens s’envoler pour une fin de semaine à Barcelone ou à Rome. « Les prix sont si bas que tout le monde le fait. Cette réalité m’a vraiment ouvert les yeux sur une autre perspective de la culture. Ici, les jeunes de 16 ans passent leurs vacances dans des pays différents chaque fois. Ils s’adaptent facilement. Ils ne connaissent pas le choc culturel. Ça les rend très accueillants », souligne-t-il en rappelant qu’avant de s’établir à Londres, il n’avait visité que la Floride et quelques grandes villes des États-Unis. « Aujourd’hui, je suis 50 % du temps à Londres et 50 % du temps un peu partout en Europe. C’est fascinant, comme mode de vie. »« Vivre à l’étranger me fait réaliser que les Québécois sont plus Français qu’Anglais, mais ni un ni l’autre à la fois, poursuit-il. On est vraiment Québécois. On est unique. »On est peut-être, nous aussi, un success-story. Comme Londres. Comme Yan.

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