20 décembre 2018
Budget 2019 à Saint-Hyacinthe
Les taxes suivent l’inflation
Par: Rémi Léonard

Le budget de la Ville de Saint-Hyacinthe atteint 105,5 M$ pour l’année 2019, en hausse de 3,63 % par rapport à l’année précédente. Une baisse du taux de taxe foncière générale viendra réduire en partie l’impact de l’entrée en vigueur du nouveau rôle d’évaluation, mais le budget prévoit également des hausses sur les taxes d’eau et d’assainissement.

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Pour une maison unifamiliale moyenne évaluée à 256 363 $, le compte de taxes sera donc porté à 2 401,63 $, ce qui représente une hausse annuelle de 50,50 $ ou 2,15 %. Les propriétaires d’une résidence non desservie par les réseaux d’aqueduc et d’égout connaîtront plutôt une hausse de 1,78 %. Le maire Claude Corbeil juge ainsi avoir tenu son engagement de limiter la hausse de la taxation au niveau de l’inflation, qui se situe à 1,8 % dans la région de Montréal, selon l’indice des prix à la consommation entre novembre 2017 et octobre 2018. Le maire reconnaît être « un peu en haut » à cause des taxes d’eau et d’assainissement, mais c’était « nécessaire pour livrer la marchandise », a-t-il justifié, alors que les infrastructures souterraines se font vieillissantes à bien des endroits à Saint-Hyacinthe.

En détail, les taux de taxe s’établiront à 0,725 $ (-0,02 $) par tranche de 100 $ d’évaluation pour la taxe foncière générale, à 1,575 $ (-0,075 $) pour les immeubles non résidentiels et industriels, et à 1,45 $ (-0,04 $) pour la surtaxe sur les terrains vagues desservis, toujours pour chaque tranche de 100 $ d’évaluation foncière. Notons que, pour la plupart des immeubles, ces baisses ne couvriront pas la totalité de la hausse liée à l’augmentation de l’évaluation issue du nouveau rôle.

Dépenses, dettes et revenus

En regardant du côté des dépenses, le rachat d’obligations liées à la dette (+1,70 M$), la masse salariale (+1,07 M$), le transport et la disposition des matières organiques (+763 000 $) et les frais de la Sûreté du Québec (+520 000 $) sont responsables des augmentations les plus importantes.

Pour ce qui est des matières organiques, les dépenses supplémentaires proviennent surtout du côté des bacs bruns, qui sont toujours détournés vers l’extérieur parce que leur contenu ne peut pas encore être traité à l’usine de biométhanisation.

Les prévisions concernant les activités de cette filière ont par ailleurs été complètement revues en 2019 au regard de la première année de fonctionnement, qui s’est avérée « plus difficile que prévu », selon le maire. « Nous avons sous-estimé les défis liés à la mise en route d’une telle machine », a-t-il reconnu. D’un scénario optimiste, la Ville passe maintenant à des prévisions plus conservatrices en prévoyant à peu près un équilibre budgétaire pour la filière de la biométhanisation… et tant mieux si des profits peuvent être dégagés en 2019, a commenté le directeur général, Louis Bilodeau.

La dette à l’ensemble des contribuables a pour sa part fait un bond considérable en 2018, passant de 21,22 M$ à 51,34 M$, en grande partie à cause du financement du centre de congrès et de l’acquisition de l’immeuble pour la future bibliothèque sur la rue Girouard Ouest. Il faudra en outre s’attendre à une nouvelle augmentation de la dette en 2019 avec les projets d’étagement ferroviaire sur le boulevard Casavant Ouest et la mise aux normes de l’usine d’épuration, notamment, a averti le maire. Le conseil est toutefois déterminé à ne pas dépasser le plafond symbolique des 80 M$. « C’est clair entre nous et on va s’appliquer à gérer [en fonction de cet objectif] au cours des prochaines années », a commenté M. Corbeil. Ce montant n’inclut pas les dettes de secteurs et la dette appelée à s’autofinancer par des revenus, dont le montant n’a pas encore été fourni par la Ville.

Le changement principal dans les contributions aux partenaires municipaux consiste au transfert de 50 000 $ de la SDC centre-ville vers Saint-Hyacinthe Technopole, le montant que représente l’entretien du Marché public. Un 20 000 $ lié au mandat de promotion du Marché est toutefois maintenu pour la SDC, en plus d’un montant de 25 000 $ pour un projet d’embellissement à annoncer prochainement par l’organisme.

Au chapitre des revenus, le facteur déterminant dans la hausse annuelle est sans aucun doute les taxes foncières, qui amèneront 4,73 M$ supplémentaires dans les coffres, principalement à cause de l’entrée en vigueur du nouveau rôle d’évaluation. L’autre variation importante concerne les revenus de vente de biométhane, qui ont été revus à la baisse de 975 000 $. En 2019, l’ensemble des revenus de taxes et des paiements tenant lieu de taxes forme toujours une part considérable des revenus totaux, soit 80,6 %, contre 77,8 % l’an dernier. La majoration globale de ce budget, à 3,63 %, est légèrement sous la moyenne des dix dernières années.

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