16 juin 2011
Concours jeunesse d’art oratoire Entreprendre
L’ÉSSJ ouvre le chemin
Par: Le Courrier
Chloé Thibault, Alexis Tremblay et Sarah Leblanc étaient des dix candidats à la finale provinciale du Concours jeunesse d'art oratoire Entreprendre.

Chloé Thibault, Alexis Tremblay et Sarah Leblanc étaient des dix candidats à la finale provinciale du Concours jeunesse d'art oratoire Entreprendre.

Pas évident de définir un concept aussi personnel que celui de la réussite. C’est pourtant le défi qu’ont relevé trois finissants de l’École secondaire Saint-Joseph (ÉSSJ) dans le cadre de la finale provinciale du Concours jeunesse d’art oratoire Entreprendre, tenue le 2 mai. Trois candidats du même établissement scolaire à la grande finale : c’était du jamais vu dans l’histoire du concours, organisé par le Cercle Entreprendre du Québec depuis plus de dix ans.

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Alexis Tremblay, Sarah Leblanc et Chloé Thibault figuraient parmi le groupe sélect des dix finalistes. Au total, 87 écoles secondaires avaient présenté des candidats aux finales régionales.

Si le fait de s’être taillé une place de choix parmi les meilleurs orateurs constituait un bel accomplissement, les trois élèves conservent néanmoins un sentiment mitigé de leur soirée devant le jury.Alexis, qui a mérité la quatrième place et empoché 500 $, était particulièrement déçu de l’accueil réservé à son discours. « Ma définition personnelle de la réussite implique aussi ma définition de l’échec d’une société capitaliste et conservatrice. Or, j’ai l’impression que les valeurs que je dénonçais étaient assez chères aux juges. J’ai senti que mon opinion n’était pas vraiment acceptée », a-t-il témoigné, tout de même fier de l’audace et de l’honnêteté de ses propos. « J’ai beaucoup appris. J’ai appris à être moi-même devant un public, plutôt que de toujours jouer un rôle », a-t-il ajouté, soulignant le dévouement des enseignantes Michèle Lemelin et Johanne Chamberland, qui ont guidé le trio à travers les dédales de l’art oratoire.Son sentiment était partagé par Sarah et Chloé, qui croient elles aussi que le jury était peu intéressé à entendre une définition de la réussite qui différait de la leur. «Je n’ai pas gagné, mais j’en sors gagnante. Mon message n’a peut-être pas passé auprès des juges, mais je sais qu’il a touché plusieurs personnes dans la salle », a fait remarquer Chloé, une finissante dont le parcours scolaire n’a pas été de tout repos et dont la réussite –justement- a passé par beaucoup de détermination.« Je sais que je n’ai pas fait tout ce travail pour rien, même si j’ai été un peu désillusionnée par la grande finale, a ajouté Sarah. Si, tous les trois, nous avons réussi à ouvrir une brèche dans le moule de la « réussite » telle que l’entend le concours, ce sera notre victoire à nous. Après tout, notre place en grande finale, nous l’avions reçue des juges des étapes précédentes. »L’enseignante Michèle Lemelin, qui supervise ce projet à l’ÉSSJ, était elle aussi mi-figue mi-raisin à l’annonce des résultats, mais elle a trouvé dans le cheminement et la créativité de ses élèves de quoi justifier amplement les efforts qui ont été déployés. « Je suis fière de constater que nos élèves réfléchissent en dehors d’un carcan, a-t-elle conclu. Leur environnement et leurs expériences leur permettent d’envisager toutes sortes de réussites, pas seulement celle que l’on met sur un piédestal. »

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