20 décembre 2018
Densification au centre-ville
Leur idée était faite
Par: Martin Bourassa

Deux salles bondées de citoyens à l’hôtel de ville un 17 décembre et deux heures d’échanges n’ont pas suffi à faire douter le conseil municipal de Saint-Hyacinthe.

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À l’unanimité, douze élus sont encore convaincus que le meilleur moyen de construire le centre-ville de demain est de faire pousser des immeubles de huit étages le long de la rivière Yamaska. Puis, d’investir 33 M$ dans la promenade Gérard-Côté, dont les 2/3 vont provenir de juteuses subventions. Les récriminations citoyennes ne les ont pas ébranlés, pas même assez pour qu’ils prennent la peine de s’accorder un temps de réflexion supplémentaire. Leur idée était coulée dans le béton et l’asphalte.

Les douze élus avaient rediscuté du dossier avant d’entendre les citoyens et décidé de maintenir le cap coûte que coûte, comme d’autres l’ont fait avant eux dans le dossier du Centre des arts. Certains appelleront ça de la conviction; d’autres du mépris.

Au mieux, les protestataires ont dû se satisfaire du mea culpa du maire Claude Corbeil qui a admis avoir fait une erreur lors d’une rencontre précédente en ne reprenant pas l’expert qui avait avancé l’idée de bâtir des immeubles de quatre à six étages le long de la promenade. Aucun élu ou dirigeant n’avait cru utile de dire la vérité, à savoir que l’on présenterait quelques jours plus tard un règlement permettant des immeubles de six à huit étages et qu’il serait imposé, donc non soumis à un processus référendaire.

Lundi soir, un conseiller a même trouvé le moyen de dire aux mécontents que ce projet grandiose n’est rien de plus que la concrétisation de leurs propres attentes formulées lorsqu’ils ont été invités à rêver la Promenade Gérard-Côté. Pourtant, nulle part dans le compte-rendu disponible sur le site web de la Ville il n’est noté qu’un participant a rêvé d’une promenade de 33 M$ avec des édifices de six à huit étages au centre-ville. On retrouve plutôt une mise en garde afin qu’on ne défigure pas le paysage riverain avec des constructions en hauteur. Une relecture s’impose.

À la dernière séance, j’aurais souhaité qu’on demande aux élus si nous avons les moyens de nous offrir cette promenade dorée avec une dette qui défoncera les 70 M$ l’an prochain. La question méritait d’être posée, tout comme celle sur les probabilités d’obtenir des subventions de 22 M$. Et pour répondre adéquatement aux inquiétudes louables des citoyens face à la densification du centre-ville et à son embourgeoisement, il aurait été intéressant que les élus imposent d’autres critères aux promoteurs que la hauteur des immeubles, la couleur du toit ou le nombre de places de stationnement.

Pourquoi ne pas avoir exigé la construction d’immeubles de six à huit étages à vocation mixte, incluant un pourcentage de loyers abordables ou à coût modique? La mixité de clientèle tant recherchée au centre-ville devrait débuter dans ces immeubles en devenir. D’autres villes l’ont fait et pas besoin de chercher des exemples au Danemark ou en Ukraine. On en trouve à 40 minutes de Saint-Hyacinthe.

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