5 juillet 2012
L’expérience Pirelli ou le rêve devenu auto!
Par: Marc Bouchard

Pour certains, la conduite automobile n’est qu’utilitaire : elle nous permet de nous rendre du point A au point B, sans en éprouver le moindre plaisir, ou si peu. À ces gens, desquels vous vous doutez bien que je ne fais pas partie, je vous dis : passez votre chemin. Car cette chronique sera tout entière consacrée au plaisir de conduire. Rien de plus, rien de moins.

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Car il arrive rarement dans une vie, même dans une vie de journaliste automobile, que l’on ait l’occasion de vivre autant d’émotions fortes en si peu de temps. Replaçons le contexte : c’est le week-end du Grand Prix d’Europe, et les rues de Valence en Espagne sont bondées, du moins dans le centre-ville. Ce grand prix déchaînera d’ailleurs la liesse de la foule lorsque l’enfant chéri local, Fernando Alonso, remportera la victoire devant les siens. Le délire, inutile de le préciser.

Mais c’est aussi le moment qu’a choisi Pirelli, fabricant de pneus haut de gamme et de performance, pour lancer et faire tester son tout nouveau pneu, le P Zero Cinturato P7 Blue, le premier pneu de série ayant reçu l’accréditation AA de l’administration européenne. Pour le moment, le pneu n’est pas encore offert en Amérique; il s’inscrit cependant dans la suite logique du développement de la gamme P Zero qui célèbre cette année son 25 e anniversaire. Et le P Zero est synonyme de performance, peu importe sa nomenclature. Dans le cas du P7 Blue, il ajoute aux qualités dynamiques qui lui sont déjà reconnues, une autre qualité non négligeable : une faible résistance au roulement, ce qui permet une diminution marquée de la consommation d’essence. Mais alors que les P Zero traditionnels sont surtout fournis directement par les fabricants de voitures à la sortie de l’usine, le Blue est destiné plutôt au marché d’après-vente, et touchera les clients qui aiment à la fois la route et la piste au volant de leur bolide. Un produit nord-américain, dont le nom sera adapté en conséquence, mais qui reprendra les grandes lignes du Blue, sera donc dévoilé sous peu chez nous. Ce qui ne nous a pas empêchés de mettre à l’épreuve le pneu dans des conditions… désagréables (vous aurez compris évidemment que j’ironise). C’est sur le circuit Ricardo Tormo que s’est amorcé notre essai. Pour tester ce pneu haute performance, il fallait évidemment des voitures à l’avenant : sur la piste sèche, une McLaren MP4-12C, une Lamborghini Avantador, une Lamborghini Super trofeo et une Porsche Carrera S 2013. Sur le mouillé, une Audi S5, une Alfa Romeo Giulietta, et une Mercedes-Benz SLK. Enfin, pour les quelque 200 kilomètres de route, c’est la BMW série 3 diesel qui nous a guidés.

Mise à l’épreuve

Premier départ sur la piste, mon coeur bat. Ma première voiture d’essai, la Porsche 911, je la connais bien, et je sais qu’elle est capable de beaucoup. Rien à redire donc, sinon que je dois rouler un peu doucement, histoire de me familiariser avec le circuit. Et mon pilote professionnel d’assistance, ne disant aucun mot de français ou d’anglais, ne met d’aucune utilité.

Le résultat est intéressant, mais sans plus. Il faudra attendre mes tours de Lamborghini ou de McLaren pour en savoir davantage. La Lamborghini, que j’ai trouvée trop brutale, ne m’a pas permis de tirer le maximum de la piste et des pneus, mais la McLaren, une luxueuse voiture conduite à plus de 230 km à l’heure, se comportait comme si elle collait à la piste. En fait, malgré toutes mes tentatives de la pousser au maximum, les pneus collaient littéralement sans jamais faire ressentir leur faiblesse. Sur le circuit mouillé, avec des voitures moins puissantes, le P Zero blue a démontré toute sa polyvalence. Poussées à des vitesses raisonnables (50 km à l’heure environ), les courbes mouillées et glissantes ne laissaient aucune chance aux voitures, et nombreux sont les pilotes qui ont recueilli quelques cônes au passage. Mais les pneus ont toujours résisté. Enfin, sur la route, les pneus se sont montrés d’un silence de roulement étonnant. Bien sûr, difficile de comparer la consommation d’essence, mais elle était, avouons-le, étonnante avec notre voiture. Le résultat à la fin de la journée est simple : le P Zero blue satisfait aux exigences, roule en silence et tient la route comme s’il y collait, dans toutes les circonstances. Reste maintenant à voir ce qui nous attendra en Amérique.

Et un peu plus de plaisir

Mais Pirelli a aussi profité de l’occasion pour lancer un autre type de produit, plus amusant cette fois, l’Expérience Grand Prix. Le déroulement est simple : Pirelli a acheté deux vieillies Formule Un de 2003 et 2004, des Jordan ayant notamment remporté la victoire au Grand prix d’Interlagos au Brésil.

Et moyennant quelques dollars (on parle d’environ 1 000 $ pour trois tours), il est possible de prendre place à bord de l’un des deux sièges pour passager ajouté de chaque côté de l’habitacle. On vit alors l’expérience F1 à fond, roulant à des vitesses de pointe de près de 300 à l’heure, dirigé par un véritable pilote. Évidemment… pour le moment le programme n’a un tracé qu’aux États-Unis, et on attend toujours la confirmation pour le Canada. Mais il est quand même possible, durant vos vacances, si vous croisez sa route, d’y participer. Et pour ceux qui se demandent comment j’ai apprécié ma randonnée… disons simplement que quelques principes physiques m’ont empêché d’y prendre part. En fait, mon tour de taille un peu trop imposant ne m’a pas permis de m’installer confortablement. Résultats, je n’ai pu vivre à fond l’expérience. Mais sachez que j’ai désormais mon propre Challenge Pirelli : les dirigeants de la compagnie m’ont garanti que si je perdais les centimètres nécessaires, il me laisserait de nouveau une place dans le cockpit lors du Grand Prix d’Austin en novembre prochain. Inutile de vous dire que je me mets tout de suite à la diète…

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