27 septembre 2012
L’Havre de Grâce de Radio Radio
Par: Le Courrier
Arthur Comeau, Jacques Doucet et Gabriel Malenfant seront de passage, samedi, au Centre des arts Juliette-Lassonde, dès 20 h 30.

Arthur Comeau, Jacques Doucet et Gabriel Malenfant seront de passage, samedi, au Centre des arts Juliette-Lassonde, dès 20 h 30.

Avec la sortie de son dernier album, Havre de Grâce, qui leur vaut une nomination au Gala de l’ADISQ dans la catégorie Groupe de l’année et une à L’Autre Gala de l’ADISQ dans la catégorie Album de l’année — Hip-hop, le trio de rappeurs acadiens Radio Radio fait peau neuve.

Les membres ralentissent le rythme, mais ne deviennent pas zen pour autant. Ils promettent de nous faire danser lors de leur passage, samedi, au Centre des arts Juliette-Lassonde, dès 20 h 30.

Leur premier album Cliché Hot, les a fait connaître au grand public, tandis que Belmundo Regal les a fait voyager en Europe, au Mexique ainsi qu’aux États-Unis et leur a même permis de se retrouver en lice pour le Prix de musique Polaris 2010. Même si la formule marchait à merveille pour Radio Radio, Arthur Comeau, Gabriel Malenfant et Jacques Doucet ont impulsivement changé de direction avec ce troisième album. Créé avec des amis entre un chalet en Louisiane et aux abords d’un lac en Nouvelle-Écosse, Havre de Grâce est certainement plus électrique et homogène dans les sonorités que les albums antérieurs. Moins rap et un peu plus psychédélique, ce dernier opus présente davantage une musique d’ambiance que festive, mais est certes plus audacieux, épuré et intemporel. Et le titre le résume bien.« On voulait un titre qui fait la boucle entre un album plus philosophique que les autres, tout en restant dans la vision des albums précédents, avance Gabriel Malenfant. Un havre est un lieu de grâce, où l’on pardonne et l’on fait quelque chose de bien. Le retour chez nous, dans un lieu paisible entouré d’amis, nous a beaucoup inspirés. »Plusieurs collaborations avec des chanteurs et musiciens de différentes cultures et nationalités figurent sur l’album, dont une collaboration avec l’accordéoniste Horace Trahan, la poète acadienne Georgette LeBlanc, les percussionnistes Julien Sagot et Stéphane Bergeron de Karkwa et le chanteur Mamoru Kobayakawa que l’on entend aussi à la guitare, aux percussions et au piano. Mais encore une fois, il s’agit d’une décision prise impulsivement et non calculée. « La collaboration n’était pas planifiée. On s’est réunis naturellement. On n’était pas conscients des ingrédients mélangés à la recette et de la force des choses. Après une journée, on trouvait que cela marchait bien. Et avec la force du tout, les bagages différents, cela a fait un album plus profond et rude, qui se prête à différents lieux », explique-t-il. Avec des textes qui combinent le français, l’anglais et le chiac, le mélange des cultures se perçoit également dans les textes. Fidèle à ses habitudes, Radio Radio emploie un langage difficile à comprendre, sinon plus que sur les albums antérieurs. La raison est simple. Les membres ne s’en sont tout simplement pas préoccupés et ont plutôt misé sur l’énergie et la spontanéité des mots.« Notre confort dans la musique et sur scène fait que l’on se laisse aller linguistiquement. Même si les gens ne comprennent pas toujours ce que l’on dit, cela affecte leur conscience et cela nous donne carte blanche. Comprendre est secondaire. Cela vaut la peine de simplement plonger dans la musique », ajoute-t-il.Sur scène, Radio Radio promet un spectacle haut en énergie. Accompagné d’un percussionniste, d’une trompettiste et d’un claviériste, le trio présentera son plus récent album, mais aussi des pièces tirées des albums antérieurs.

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