2 juin 2016
Semaine québécoise des personnes handicapées
L’histoire de Xavier
Par: Le Courrier
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Dans le cadre de la SQPH qui a lieu du 1er au 7 juin, j’aimerais vous partager l’histoire qu’un de nos membres au Parrainage civique a pris la peine de nous écrire en préparation d’une de nos activités de sensibilisation. Je me suis appliquée à laisser son message tel quel afin que vous puissiez non seulement comprendre son parcours – ses réussites comme ses difficultés – mais qui il est.

« Je suis Xavier. Vers l’âge de 4 ans, j’ai été diagnostiqué épileptique. À 5 ans, j’ai été déclaré déficient intellectuel. Dès l’âge de 7 ans, j’ai été dans une classe pour difficulté grave d’apprentissage (DGA) à cause d’un retard d’apprentissage important. J’ai ensuite été transféré à l’École René-St-Pierre au pavillon Duvernay à mes 12 ans. À ce pavillon, j’ai vécu des hauts et des bas, mais mon vrai moment où j’ai commencé ma descente au plus bas dans la vie, c’était lors de mon transfert au Pavillon Moreau qui ne correspondait pas du tout à mes besoins. Cela a été pour moi un grand moment noir dans ma vie. C’est lors de la première année à ce pavillon que je me suis mis à me sentir mal et à avoir des idées plus destructrices. Mes journées étaient difficiles et je vivais beaucoup de frustration.

Lorsque j’ai eu 20 ans, j’ai été diagnostiqué non déficient intellectuel suite à un examen scan neurologique, ce que j’ai eu beaucoup de misère à reconnaître étant donné que, depuis plus de 15 ans, on me disait que je serais toujours déficient intellectuel. Cette même année, j’ai tout de même abandonné l’école.

Pour régler mon problème personnel avec mon ancienne école, j’ai consulté un psychologue chaque semaine pendant trois ans. Cela m’a aidé à comprendre et à maîtriser ce que je vivais. Pendant cette période, j’ai décidé de faire une demande pour aller étudier au Centre de Formation des Maskoutains (CFM). J’ai recommencé mes apprentissages avec l’équivalent de la deuxième année en français et troisième année en mathématiques.

J’ai eu des hauts et des bas. J’ai même songé à quitter le CFM parce que je ne voyais pas le bout du tunnel, mais au début de mes 25 ans, j’ai eu recours au Parrainage civique pour m’aider à me sortir de l’isolement par le biais d’un jumelage. Le jumelage m’a permis de tenir le coup dans mes études, ce qui a fait pour effet qu’au mois de février 2015, j’ai réussi mon test de développement général (TDG) avec mon secondaire 2 en français et mon secondaire 1 en mathématiques terminés. Dès lors, j’ai fait une demande pour aller étudier en mécanique agricole pour l’année 2015-2016 à l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe (EPSH). J’ai été accepté à l’EPSH au mois d’août 2015. Au cours des trois mois de formation, j’ai eu la chance de faire un stage de trois jours chez un concessionnaire. J’ai beaucoup aimé mon expérience, mais malheureusement, j’ai été dans l’obligation d’abandonner mes études parce que je n’arrivais pas à suivre à ce moment-là, et ce, malgré trois mois d’efforts consécutifs.

Malgré l’échec, je suis confiant que si j’avais eu plus de soutien, j’aurai pu y arriver, mais j’ai trop tardé à demander de l’aide. Depuis, je me suis réorienté vers le programme de briquetage-maçonnerie. J’ai été accepté et je commencerai au mois d’août 2016.

J’aimerais bien travailler, mais ce n’est pas facile pour moi. En janvier 2016, j’ai été référé par SDEM-SEMO Montérégien au programme PASS-Action d’Emploi-Québec. Le programme PASS-Action m’a référé aux Ateliers Transition. Je travaille là-bas afin de me bâtir une réputation de travailleur. Mon principal obstacle pour trouver un emploi est mon manque de compétences reconnues. Cela étant dit, ça ne veut pas dire que je ne sais pas travailler… Je sais bricoler le bois, jardiner, je fais un peu de mécanique et de charpenterie, j’ai lu beaucoup de livres sur les savoir-faire des métiers manuels anciens. En début d’année 2015, j’ai été initié au pilotage d’hélicoptère grâce à la famille. J’en ai fait des choses!

Merci aux personnes qui ont marqué ma vie : M. Chabot, qui est une personne qui est toujours en mode solution; mon cher ami Richard Gingras qui m’a enseigné à être plus écolo; mon oncle Bergeron qui m’a appris à bricoler avec des pièces recyclées et mon oncle Claude qui m’a permis d’apprendre à mieux gérer mes sous, Maxime m’a appris à être plus patient et à réfléchir afin de mieux gérer un problème lié au problème de structuration d’un lie et Geneviève, ma marraine au Parrainage civique, que je considère plus comme une personne de confiance. »

Merci à toi, Xavier, pour ton partage et ta confiance! Ta détermination et ton courage devant l’adversité sont des sources d’inspiration pour chacun d’entre nous, que nous vivions avec une limitation ou non!

Bonne semaine à toutes les personnes qui vivent avec une limitation, qu’elle soit intellectuelle, sensorielle, motrice ou autre! En espérant que nous puissions continuer d’investir pour que tous les Xavier de ce monde puissent révéler leur potentiel et trouver leur place!

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