19 septembre 2013
L’Hôtel des Seigneurs fermera ses portes fin décembre
Par: Le Courrier

Souhaitant mettre un terme à l’hémorragie financière que représente le conflit de travail qui perdure depuis 11 mois à l’Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe, ses propriétaires fermeront l’établissement le 22 décembre.

Cette décision provoquera le licenciement de 140 employés syndiqués CSN et de 45 employés-cadres. Rappelons que les travailleurs syndiqués ont déclenché une grève générale illimitée à la suite de divergences de positions dans le cadre du renouvellement de la convention collective.

« Financièrement parlant, nous ne sommes plus capables d’opérer l’Hôtel des Seigneurs, indique Herman Champagne, porte-parole de SilverBirch Hotels & Resorts qui possède le complexe hôtelier maskoutain. Cette année, nous avons enregistré un manque à gagner d’environ 1 M$. Si nous poursuivons les opérations, nous prévoyons sur une période de 12 mois des pertes de plus de 2,5 M$. »Cette décision qui risque de rayer de la carte régionale le tourisme d’affaires (voir autre texte) fait suite à l’annonce en mars de la mise en vente de l’Hôtel des Seigneurs.

Porte ouverte

Si la direction de l’Hôtel des Seigneurs prend les mesures légales en vue de la fermeture de l’établissement quatre jours avant Noël, elle laisse aussi une porte ouverte à la négociation.

« Nous ne sommes pas opposés à nous rasseoir avec la partie syndicale. Dans le cas où nous réussirions à nous entendre, cela prendra de nombreux mois avant que cet hôtel renoue avec les profits », considère M. Champagne. Du côté syndical, on se dit également prêt à retourner à la table de négociation. « Nous sommes ouverts à la négociation, mais nous n’accepterons pas tout. Nous demeurerons sur nos positions concernant deux clauses majeures pour les employés syndiqués », mentionne Robin Saint-Pierre, président du syndicat local de l’Hôtel des Seigneurs et employé à la sécurité depuis 13 ans.Les deux éléments conflictuels sont les services réduits aux chambres (plan vert) et le maintien des acquis de la convention collective en cas de vente du Centre des congrès et d’expositions. La dernière rencontre de négociation entre les parties syndicale et patronale remonte au 23 mars.Cet été, LE COURRIER avait révélé de vives tensions sur la ligne de piquetage. Selon certaines sources, la mobilisation se serait égrainée au fil des mois. « Je crois que les travailleurs connaissent les enjeux pour conserver leurs emplois. Nos membres demeurent mobilisés et continueront à se battre », jure le président du syndicat. Au moment de mettre sous presse, aucune rencontre de négociation n’était programmée.Depuis quelques mois, les dirigeants de SilverBirch révisent le portefeuille d’investissements de cette entreprise de Vancouver. En plus du complexe hôtelier de Saint-Hyacinthe, ils souhaitent se départir du Hilton Bonaventure de Montréal ainsi que de l’Hôtel Tadoussac.

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