20 février 2013
L’Hôtel des Seigneurs mis en vente
Par: Jean-Luc Lorry

Devant l’impasse des négociations, la direction de SilverBirch Hotels and Resorts, une entreprise de Vancouver, a décidé de mettre en vente l’Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe dont elle est propriétaire depuis 2007.

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La dernière rencontre entre les parties syndicale et patronale qui s’est tenue le 13 février n’a pas permis de trouver un terrain d’entente pour mettre fin au conflit de travail qui dure depuis fin octobre.

« Le processus de mise en vente est enclenché. Une telle opération pourrait prendre un mois. On ne parle pas ici d’une vente de feu », indique Herman Champagne, directeur des relations de travail chez SilverBirch.L’évaluation municipale indique une valeur du terrain fixée à 4,5 M$ et celle du bâtiment à 8,4 M$. Notons que ces chiffres ne prennent pas en compte la valeur marchande de ce complexe hôtelier incluant le Centre des congrès et d’expositions.Plusieurs scénarios sont étudiés par les dirigeants de SilverBirch dont celui d’une possible fermeture. « Le restaurant de l’Hôtel est fermé et nous avons perdu depuis le début du conflit quelques centaines de banquets. Même si les opérations reprenaient demain matin, cela sera très dur de remonter la pente », considère M. Champagne. La négociation entre les parties bloque sur trois points. Dans l’optique de la vente du Centre des congrès à la Ville de Saint-Hyacinthe, la direction de SilverBirch refuse que la convention collective en vigueur s’applique en cas de changement de propriétaire.Second point de discorde, le syndicat s’oppose à une possible réduction du nombre d’heures travaillées des préposés aux chambres et des employés affectés à l’entretien général. Finalement, l’employeur refuse d’accorder un pourcentage d’augmentation salariale égale à celui appliqué au Hilton Bonaventure de Montréal, également propriété de SilverBirch. « Depuis le début de la négociation, nous entendons dire que les travailleurs de Saint-Hyacinthe souhaitent un salaire identique à celui offert à Montréal. C’est faux », précise Michel Trépanier, conseiller syndical à la CSN et membre du comité de négociation.

Contribution des syndicats

Le comité de négociation avait convié dimanche dernier les travailleurs de l’Hôtel des Seigneurs à une assemblée générale pour leur garantir du soutien total de la CSN dans le conflit.

Denise Boucher, vice-présidente de la CSN, a profité de cette rencontre pour annoncer le lancement d’une campagne de sollicitation auprès des 2100 syndicats affiliés.Chacun est invité à contribuer à la hauteur de 25 $ pour soutenir financièrement les quelque 180 employés syndiqués. Une opération qui permettrait d’amasser une somme minimum de 52 500 $ puisque l’on attend « une réponse généreuse » du milieu.Cet élan de générosité viendra compléter le revenu de ces travailleurs qui perçoivent un montant de 235 $ par semaine.« Si ce conflit se poursuit, les employés syndiqués de l’Hôtel des Seigneurs peuvent compter sur l’appui de la CSN », assure Denise Boucher. Celle-ci ne croit pas l’employeur lorsqu’il brandit le spectre de la fermeture. « Ce n’est pas le premier conflit de travail où l’on entend ce type d’annonce. Cela doit faire partie de sa stratégie », croit Mme Boucher.Autant la partie syndicale que patronale demeure ouverte à la reprise des négociations. En date d’hier mercredi, aucune rencontre n’était toutefois prévue à l’agenda.

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