27 décembre 2012
Lieux de culte :des choix déchirants
Par: Martin Bourassa
Publicité
Activer le son

Je savais qu’un jour les communautés religieuses qui ont façonné, éduqué et soigné les Maskoutains seraient confrontées à des choix déchirants, condamnées à petit feu qu’elles sont par le vieillissement et le non-renouvellement de leurs effectifs. Je savais que ce jour viendrait, et il est venu. Déjà.

Nous sommes en plein dedans. Tellement que c’en est presque brutal, tant les annonces se multiplient à un rythme effréné. Ces dernières années, nous avons été confrontés, parfois secoués, aux fermetures et à la vente du couvent des soeurs Sainte-Marthe, du couvent des Pères Dominicains et du couvent de la Métairie.À la fermeture, à la vente et à la reconversion réussie de l’église Christ-Roi, devenue une salle de spectacles. L’église Sacré-Coeur sera la suivante et pourrait être recyclée en gymnase. Une transaction serait imminente. Et voilà qu’on annonce le regroupement prochain des Soeurs de Saint-Joseph et des soeurs cloîtrées du Précieux-Sang.Ce rapprochement se traduira par la mise en vente de la maison-mère des soeurs Saint-Joseph et l’abandon du monastère et de la chapelle du Précieux-Sang, un joyau au sort encore inconnu. Et comme si la cour n’était pas déjà pleine, il faut aussi ajouter l’incertitude entourant le Séminaire de Saint-Hyacinthe, qui s’interroge sur son avenir.La liste déjà impressionnante n’en finit plus de s’allonger. Cette situation n’est pas unique à Saint-Hyacinthe, mais compte tenu de l’importance des communautés religieuses chez nous, cette réalité nous frappe maintenant de plein fouet.Cette richesse d’hier au niveau spirituel et communautaire pourrait bien rapidement devenir un fardeau financier majeur. Un fardeau qui est déjà supporté par les congrégations religieuses en quête de solutions. Une quête pas si évidente.Je m’interroge sérieusement sur notre capacité à trouver de nouvelles vocations à tous ces bâtiments, sur notre capacité à prioriser nos actions et nos interventions collectives. Est-ce que tout mérite d’être sauvé, non. Est-ce qu’il y a des bâtiments à préserver à tout prix, certainement. La question est de savoir qui fera cet exercice nécessaire.Et ensuite, qui prendra la relève. L’entreprise privée dans une certaine mesure, mais la collectivité devra certainement faire sa très large part. J’entends ici la collectivité au sens large, pratiquant ou pas, voire même catholique ou pas.Nous sommes tous interpellés par le sort de ces lieux de culte. Une réflexion concertée s’impose et elle doit déborder du cadre municipal. À ce sujet, les annonces récentes concernant les bâtiments des Soeurs du Précieux-Sang ne font que confirmer ce que je soutiens depuis toujours : la Ville a fait une erreur monumentale en s’engageant à gros prix dans la sauvegarde du couvent de la Métairie. Ce dernier ne supporte pas la comparaison quand on le place au côté du monastère des soeurs cloîtrées.Si un couvent mérite d’être préservé par une vocation municipale, c’est bien celui-là.Même si on risque de ressortir l’argument du manque de stationnement, c’est l’endroit qui semble tout indiqué pour une bibliothèque municipale, un musée régional, un centre culturel ou un centre d’histoire. Même tout cela à la fois!Ma seule déception est de savoir que le magnifique terrain à l’arrière ne pourra pas être mis en valeur puisqu’il servira à construire des condos de luxe où les soeurs en fin de vie pourront continuer de prier pour nous. Dommage.Et que faire de la Maison-mère des Soeurs Saint-Joseph? Il y a des limites à tout vouloir ou pouvoir transformer en résidence pour personnes âgées.Les récents événements commandent une prise de conscience et une intervention rapide. Au niveau municipal d’abord, il est urgent de s’interroger sur le dossier du couvent de la Métairie avant de s’enfoncer encore plus dans la mauvaise direction.Au niveau de la sauvegarde patrimoniale, la priorité est ailleurs.De l’autre côté de la Yamaska.

image