11 juin 2015
L’image c’est tout
Par: Christian Vanasse
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Je vais tenter de rester poli. Mais j’ai comme pu’ d’patience ces temps-ci…

Après Charbonneau, les frappes de l’UPAC, les longs débats sur la transparence, je pensais, naïvement peut-être, que ceux et celles qui exercent des charges ­publiques allaient le faire avec un sens de l’éthique exemplaire, renouvelé et ­admirable. Qu’ils allaient monter la barre d’un cran. Bref, qu’y nous sacreraient enfin patience avec leurs p’tites crosses…

Je reste poli… mais c’est dur. Surtout quand il y a accumulation. Des recteurs d’universités aux parachutes aussi dorés qu’une retraite de président d’Hydro, en passant par les primes de départ d’élus ­déchus et les comptes de dépenses ­obscures de sénateurs flous, on dirait qu’à tous les paliers des mains sont plongées ben profond dans la jarre à biscuit. Juste voir la face de Lise Thibault me donne ­envie d’y péter les pneus dans une allée de garnotte en pente.

Alors en ces temps de profond cynisme, de lire dans LE COURRIER de la semaine dernière que le promoteur immobilier ­intéressé par la démolition de la E.T. ­Corset était aussi un oncle du maire, et que celui-ci n’avait pas parlé de ce « détail » avant qu’on le questionne sur le sujet, ça m’est resté en travers de la gorge.

Et ça, ça m’énerve. Que voulez-vous, je perds patience quand on me prend pour un con. J’exige et je veux des élus en qui nous plaçons notre confiance, qu’ils soient au-dessus de tout soupçon. Il ne doit même pas y avoir apparence de conflit ­d’intérêts.

Il dit qu’il sera plus prudent à l’avenir? Et nous donc. Prudents et suspicieux. Il faut que les élus sentent notre œil posé sur eux, scrutant tous les détails.

Parce que les détails, c’est l’image et que l’image, c’est tout.

Bon. Je suis quand même resté poli.

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