15 mars 2018
L’imagerie et la Librairie St-Antoine de Saint-Hyacinthe –1908-1997– (1)
Par: Le Courrier
La première Imagerie St-Antoine en 1911.  Photo Archives FMS Canada

La première Imagerie St-Antoine en 1911. Photo Archives FMS Canada

L’imagerie et la Librairie St-Antoine de Saint-Hyacinthe –1908-1997– (1)

L’imagerie et la Librairie St-Antoine de Saint-Hyacinthe –1908-1997– (1)

Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe/ Collaboration Archives FMS Canada

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Le fondateur frère Félix-Antoine

Frère Félix-Antoine était le cadet d’une famille de neuf enfants, cinq filles et quatre garçons, du nord de la France, près de Cambrai. Son père était un habile commerçant. Sa mère avait la pieuse habitude de consacrer ses enfants à la Vierge Marie. 

Ernest, le futur frère Félix-Antoine, fit son noviciat à Beaucamps, situé dans le pays des Weppes, en Flandre romane, à 10 km au sud-ouest de Lille. Après son noviciat, il s’adonna à la préparation de ses brevets, puis enseigna en France et en Belgique, à l’école normale d’Arlon. Entre temps, il passa deux ans en Angleterre pour y étudier l’anglais; on le vit même accepter d’y faire la cuisine, afin de maîtriser davantage la pratique de cette langue. C’est alors qu’il fut cédé par sa province, à la requête du frère Stratonique, assistant-général, désireux de procurer aux États-Unis et au Canada des professeurs bilingues qualifiés. 

Frère Félix-Antoine, issu d’une famille marchande et possédant de vraies dispositions au commerce, avait commencé au juvénat d’Iberville, en 1899, la vente d’images suisses, commerce qu’il continua à Lawrence, Massachusetts, de 1900 à 1902, au collège Laval, quartier Saint-Vincent-de-Paul, de 1902 à 1903, au scolasticat, de 1903 à 1905, et à Saint-Romuald, Lévis, de 1906 à 1908. Ces premières expériences de commerce des images l’avaient convaincu qu’il trouverait là un moyen de fournir à la jeunesse des récompenses bien choisies et une manière d’assurer à la communauté des ressources pécuniaires encourageantes. 

Aussi, lorsque les forces lui manquèrent pour poursuivre sa mission éducative, il crut qu’il pourrait la continuer d’une autre façon en ouvrant un magasin d’articles religieux. C’était en 1908. La chose fut permise, à condition que le commerce se fasse uniquement par la poste, telle était aussi son intention première. Il installa son magasin dans l’immeuble construit en 1907 pour les divers services du noviciat, alors situé à Saint-Hyacinthe. Au rez-de-chaussée, il y avait un hangar pour remiser quelques instruments aratoires pour l’entretien de la propriété; à l’étage, frère Félix-Antoine installa son logement et l’imagerie qu’il meubla de montres, de rayonnages et de tiroirs pour entreposer les marchandises qui augmentaient avec les progrès du commerce.

L’imagerie

Prudemment, il lança cette affaire et là, comme ailleurs, il obtint des succès remarquables. Petit à petit, le chiffre d’affaires s’accrut : les commandes arrivaient nombreuses, grâce à une annonce habilement organisée et, pour répondre à toutes les demandes, il dut étendre son pouvoir d’achat. Après la France, ce fut en Suisse, en Allemagne, en Italie et jusqu’en Autriche qu’il prit sa marchandise, et la clientèle s’étendit au loin, si bien que l’imagerie St-Antoine acquit bientôt une réputation presque internationale. Avec les menus articles religieux, s’ajoutèrent les statues, petites et grandes, les vases sacrés et les reliquaires, les chemins de croix et les calvaires en bronze et jusqu’aux carillons de cloches. Le clergé, mis en confiance par le goût artistique et les vastes connaissances en affaire du directeur, l’encouragea fortement, tout en y trouvant son profit, grâce aux prix spéciaux qui lui étaient accordés.

Il fallut bientôt assurer de l’aide au frère Félix-Antoine qui tenait ferme, en dépit de fréquentes faiblesses. Un jeune frère lui fut d’abord adjoint, puis un autre plus âgé. L’entreprise a compté jusqu’à cinq collaborateurs. 

En 1923, lors de l’agrandissement du noviciat de Saint-Hyacinthe, il fut heureux de pouvoir apporter sa collaboration pour les plans de la bâtisse et sa contribution pour la décoration de la chapelle. Les connaissances artistiques reconnues du frère Félix-Antoine trouvèrent une excellente occasion d’être mises en valeur. Il fut consulté et on le chargea de superviser la décoration de la chapelle, dont il s’offrit à défrayer les coûts. 

Ici, nous avouons qu’il a fait une œuvre vraiment belle et, grâce à son goût sûr, il a doté la première Province du Canada d’un sanctuaire tout à fait approprié à une maison de formation. Certains trouvèrent qu’il alla un peu loin pour les dépenses. Cette critique est bien périmée lorsqu’on se rend compte que le travail artistique exécuté alors se conserve dans toute sa fraÎcheur, après tant d’années.

À suivre… 

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