5 avril 2018
L’imagerie et la Librairie St-Antoine de Saint-Hyacinthe -1908-1997- (2)
Par: Le Courrier
Librairie St-Antoine vers 1988. Photo Archives FMS Canada

Librairie St-Antoine vers 1988. Photo Archives FMS Canada

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Le nouveau bâtiment – 1960

La bâtisse de 1907, à la suite d’un glissement de terrain, menaçait de s’effondrer. Il y avait donc urgence d’intervenir. Le Conseil provincial décida de faire du neuf mieux adapté aux nouveaux développements de l’imagerie. On dressa des plans pour une nouvelle construction comprenant une partie principale et une annexe. L’entrepreneur, Omer Brault, commença les travaux de construction au printemps de 1960. 

Frère Antoine-Albert écrivait le 13 octobre 1960 : « Le brouhaha de notre construction… le déménagement… le devoir que je me suis fait d’aider à l’imagerie a pris tous mes loisirs et ceux de la maisonnée. Le travail d’équipe et d’entraide réalisé à ce propos a été vraiment admirable. La future imagerie sort rapidement de terre. Avant 1960, on vendait déjà des volumes religieux aux membres du clergé et aux congrégations religieuses de la région. On commençait aussi à vendre des livres et des articles scolaires. Comme la quantité de volumes augmentait, il fallut prévoir des étagères pour placer ces volumes en évidence et à portée de main ». 

Frère Léon Raîche, excellent menuisier, vint pendant quelques semaines fabriquer un ensemble de meubles pour répondre aux besoins du moment. On s’est vite aperçu que le nom « librairie » permettrait des contacts plus faciles et plus rentables en faisant affaire directement avec les maisons d’éditions et d’importations de volumes des pays étrangers. Aussi, le nom « librairie » serait plus significatif qu’« imagerie » pour les écoles, pour les commissions scolaires et pour le grand public. 

À partir de cette date, le livre prit une grande importance, sans nuire toutefois aux progressives sections de l’encadrement, de l’imagerie et des articles religieux de toutes sortes, du chapelet aux statues de toutes les grandeurs. Pour plus d’efficacité, on attribua des fonctions spéciales à chaque frère, tout en laissant beaucoup de liberté à chacun pour rendre service à tout confrère, selon les circonstances et les nécessités. 

Même l’évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Albert Sanschagrin, appréciait les services que la Librairie St-Antoine rendait au clergé. Le 1er mars 1976, il écrivait au frère Urbain Beauvais : « Bien cher Frère Provincial, je dois vous dire que, pour le diocèse de Saint-Hyacinthe, cette librairie est pleinement rentable au niveau de notre pastorale diocésaine. Et je voudrais par la présente vous en remercier et toute votre communauté, en particulier, qui s’y dévoue d’une façon directe. Je voulais vous apporter ce témoignage et vous dire ma gratitude personnelle et celle de tout notre clergé pour les multiples services rendus par la librairie. »

L’encadrement

L’encadrement est une initiative qui apportera à l’imagerie une grande rentabilité. Au début, on remarquait bien quelques moulures aux murs de l’imagerie et quelques cadres avec des images du Sacré-Cœur de Jésus, de Marie et de quelques saints. Frère Félix-Antoine, dès que son commerce de l’image prit de l’ampleur, demanda quelques confrères pour l’aider. L’un d’eux eut la bonne idée de fabriquer quelques cadres dans l’atelier installé au rez-de-chaussée. Voyant la qualité du travail, Frère Félix-Antoine félicita l’encadreur et lui permit de se procurer les outils essentiels pour permettre d’améliorer d’autant la qualité de son produit. 

Frère Félix-Antoine, bon commerçant, encouragea son encadreur, reconnaissant que ce complément à l’imagerie était une précieuse source de revenus. D’année en année, l’encadrement progressa et prit une place importante dans l’imagerie. Plusieurs confrères, attachés au service de l’imagerie, consacrèrent tous leurs moments de loisir à l’encadrement.

En 1932, frère Félix-Antoine, de plus en plus faible, fut remplacé par le frère Gabriel-Marie et ce dernier, en 1935, par le frère Philadelphe. Pendant cette période, l’encadrement ne fit que progresser, tant par la qualité que par la quantité de son produit. Si bien qu’en 1937, les autorités de la Province nommèrent frère Jean-Michel responsable de ce secteur de l’imagerie.

En 1944, frère Jean-Sylvain (Léo Pomerleau) le remplaça dans cette fonction. Avec ses aptitudes et son talent, il sut outiller son atelier avec des instruments propres à la fabrication des cadres de toutes les dimensions. On encadrait non seulement des images religieuses, mais des photographies et des peintures d’artistes.

À suivre…

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