24 novembre 2011
L’impatience
Par: Pierre Bornais

Signe de notre époque, l’obligation de résultats est immédiate, sous peine de « passer à un autre appel »!

Signe de notre époque, l’obligation de résultats est immédiate, sous peine de « passer à un autre appel »!

Deux exemples illustrent bien cette impatience, l’action menée par les « indignés » et la mise en place d’une formation politique qui, à tout le moins, dérange le système. Dans le premier cas, la remise en cause que l’on peut qualifier de spontanée des principes mêmes du développement actuel n’a pas tardé à soulever les objections chez plusieurs. « Que veulent-ils? Quels sont leurs plans d’action » et ainsi de suite. Justifiant du même coup l’opinion que cela ne fera qu’un temps. Et reléguant aux oubliettes du même coup une expression d’insatisfaction bien réelle que la plupart d’entre nous refusent de voir. Concernant la création de la CAQ, la réaction n’est pas la même, mais elle y ressemble beaucoup. Sans charisme particulier et sans parti formel, François Legault arrivait largement en tête des sondages d’opinion. Tout ce qui grenouille dans l’univers politique le mettait au défi de lancer un parti; ce qu’il vient de faire. Désormais, on exige de lui qu’il se prononce immédiatement et formellement sur tous les sujets de l’heure, sous peine de le discréditer, pour ne pas dire de le juger inapte à aspirer au « Salon de la race », à Québec. Encore moins d’y diriger un éventuel gouvernement. Pourtant, les éléments avancés au cours des derniers mois par M. Legault et son entourage offrent matière à réflexion et à discussion. Même si, pour des raisons évidentes, on n’y retrouve pas de programme formel, formaté et exhaustif sur tout ce qu’on promet de faire avant les élections et qu’on oublie après. Ici aussi, l’impatience couvre une volonté de discréditer ce nouveau joueur. En oubliant au passage que le désir de changement de la population est sans doute plus fort que toutes ces peurs. -30-

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