16 juin 2011
Cessation du service postal
Lock-out inattendu à Postes Canada
Par: Le Courrier

C’est avec étonnement et frustration que les facteurs et postiers ont accueilli le lock-out de Postes Canada. La très grande majorité des employés de Saint-Hyacinthe se sont rassemblés pour piqueter devant le bureau situé au coin des rues Bourdages et Girouard.

Publicité
Activer le son

Après 12 jours de grèves tournantes pour les syndiqués et une diminution du service à trois jours / semaine par l’entreprise (qualifiée de lock-out camouflé par le syndicat) la partie patronale a décidé de prendre les grands moyens, un décret de lock-out illimité.

La question est sur toutes les lèvres des lock-outés : que se passera-t-il? Aucun des employés ne s’en attendait. « On est surpris, on n’a jamais vu ça », s’est exprimée avec une mine consternée la présidente du syndicat local, Josée Benoît. Elle assure que le syndicat ne voulait aucunement cesser le service, mais que finalement, on les empêche de travailler.Par voie de communiqué, Postes Canada explique son geste en estimant les pertes des grèves tournantes à 100 millions de dollars. « Nous croyons qu’un lock-out est le meilleur moyen de résoudre rapidement cette impasse et de forcer le syndicat à examiner sérieusement les propositions […] ». Le communiqué se termine en affirmant que la société de la couronne espérait éviter l’arrêt des services.L’origine du conflit vient d’une nouvelle méthode de travail que Postes Canada veut instaurer à l’échelle nationale. Qualifiée de « poste moderne », cette technique regroupe les colis sur l’avant-bras et la main du facteur. Les employés refusent de l’utiliser, car ils jugent que cette méthode est non sécuritaire, « Ils ont implanté le service à Winnipeg et les accidents de travail ont augmenté », explique Josée Benoît.Des questions de modifications d’avantages sociaux et d’assurances seraient aussi sur la table des négociations.« Ils nous répètent tout le temps que la sécurité au travail c’est important, mais quand on la demande, ils refusent », s’indigne la présidente de la cellule maskoutaine du Syndicat des travailleurs et des travailleuses de la poste.Mme Boileau affirme que les syndiqués ne savent plus où donner de la tête et qu’il n’y a pas de logique aux décisions de la société d’État.« On ne veut pas que les gens pensent qu’on demande une augmentation salariale, on est satisfaits de nos salaires », explique le vice-président du syndicat de la poste maskoutain, Jean-Benoît Héon.Au moment de mettre sous presse, des rumeurs voulaient qu’une loi spéciale visant à remettre le service sur pied se prépare au Ministère du Travail.

L’impact pour les citoyens

Le courrier régulier ne sera pas livré tant que le lock-out perdurera. Pour ce qui est des chèques émis par le gouvernement (chèques de pension, chèques d’assurance sociale, allocations familiales, etc. ), les employés en lock-out les distribueront bénévolement. Les boîtes de Postes Canada ont été scellées, l’envoi de courrier est donc impossible pour le moment.

image