27 février 2013
L’Oeuvre Antoine Girouard assisesur un pécule de 32,9 M$
Par: Martin Bourassa

Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas les moyens de soutenir financièrement les activités du Collège Antoine-Girouard (CAG) que l’Oeuvre Antoine Girouard, bras financier de la Corporation du Séminaire de Saint-Hyacinthe, n’a pas répondu à son appel à l’aide afin d’éviter la fermeture du collège privé.

Publicité
Activer le son

« Il faudrait leur poser la question à eux, mais il a été démontré que ce n’est pas parce que l’Oeuvre n’a pas les ressources nécessaires », a indiqué au COURRIER, Alain Rivard, président du conseil d’administration du CAG.

Selon des projections financières réalisées par le comité de réflexion sur l’avenir du Séminaire, travaillant de concert avec celui sur l’avenir du Collège Antoine-Girouard, il a été établi que la situation financière de l’Oeuvre n’était pas alarmante à moyen terme, sur un horizon de 10 ans. On aurait très bien pu maintenir le soutien actuel offert à toutes les entités bénéficiaires de l’Oeuvre, voire même investir dans le plan de relance soumis par le collège et investir dans l’amélioration des locaux, sans pour autant mettre en péril la santé de l’Oeuvre, selon M. Rivard.D’après des données publiques obtenues auprès de l’Agence de revenu du Canada, l’Oeuvre Antoine Girouard possède des actifs estimés à 32,9 M$ selon son rapport financier 2011. Par rapport à l’actif de 2010, le résultat est pratiquement inchangé.Pour l’année 2011, la valeur de ses placements à long terme s’établit à 27,1 M$.Ceux-ci ont généré des revenus d’intérêts et de placement de 877 541 $ sur un an.La valeur de ses terrains et de ses immeubles au Canada s’élève à 5 M$.À titre de comparaison, l’actif de l’Oeuvre Antoine Girouard s’élevait à 33,3 M$ en 2008 et à 31,3 M$ en 2005, ce qui témoigne une certaine stabilité, malgré un contexte économique particulièrement fragile ces dernières années.

Une distance s’est créée

Alain Rivard dit avoir senti au cours des derniers mois un certain détachement du Séminaire face au Collège Antoine-Girouard et ses besoins.

« Le climat était empreint de négativisme dans nos échanges, dit-il, comme si le Séminaire ne se reconnaissait plus dans l’image projetée par ce collège qu’ils ont tenu à bout de bras et ses programmes d’enseignement, mais qui dans les faits est autonome et laïque depuis 1992. »Une autonomie mise à mal par la chute des inscriptions.« Le Séminaire aurait souhaité que nous soyons totalement autonomes et qu’on ne se tourne pas vers lui pour nous soutenir financièrement. Et les gens du Séminaire ne cachaient plus leur préoccupation en ce qui concerne la distance prise par le Collège au fil du temps vis-à-vis ses fondements d’éducation chrétienne », signale M. Rivard, en se disant déçu par la fin de non-recevoir donnée au plan de relance du comité stratégique sur l’avenir du CAG formé de plusieurs anciens du Séminaire.Dans une lettre adressée à l’évêque du diocèse, Mgr François Lapierre, et dont nous avons obtenu copie, il ne cache pas sa vive déception.« De toute évidence, pour la majorité des membres des corporations du séminaire et de l’Oeuvre Antoine Girouard, il n’y avait aucune volonté à permettre au collège de traverser cette période très difficile de son histoire et d’assurer sa pérennité. (…) Personnellement, et je sais que c’est la même chose pour d’autres membres du comité, notre engagement bénévole et de bonne foi dans cet exercice n’a pas été respecté et nous sommes très déçus de la tournure des événements. »

image