6 avril 2017
Démolition de logements au centre-ville
Logemen’mêle se mobilise;la Ville se défend
Par: Rémi Léonard
Andrée Rochon, agente de développement à Logemen’mêle, lors de la rencontre citoyenne du 3 avril, où une douzaine de participants ont parlé de stationnement, d’embourgeoisement et de logement social. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Andrée Rochon, agente de développement à Logemen’mêle, lors de la rencontre citoyenne du 3 avril, où une douzaine de participants ont parlé de stationnement, d’embourgeoisement et de logement social. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le comité Logemen’mêle s’organise actuellement pour empêcher la Ville de Saint-Hyacinthe de démolir trois édifices à logements au coin des rues Marguerite-Bourgeoys et Mondor. Le but de l’opération est d’ajouter 52 cases au stationnement Centre-ville, derrière la pharmacie Jean Coutu.

Suffisamment de citoyens ont déjà présenté une demande d’approbation référendaire pour passer à l’étape du registre, qui aura lieu le 12 avril. Cette fois, au moins 41 citoyens de la zone concernée devront aller apposer leur signature à l’Hôtel de Ville de Saint-Hyacinthe ce jour-là pour forcer la tenue d’un référendum de secteur. Les citoyens du centre-ville pourraient alors trancher en faveur ou non d’un changement de zonage pour permettre le stationnement à l’endroit convoité par la Ville.

Logemen’mêle a tenu le 3 avril une rencontre citoyenne pour partager cette information et par la même occasion pour consulter les participants sur l’enjeu du stationnement à Saint-Hyacinthe.

La Ville de Saint-Hyacinthe a aussi voulu se mêler à la soirée pour défendre son projet, puisqu’elle avait délégué sa directrice générale adjointe, Chantal Frigon. Elle a entre autres révélé que la volonté de la Ville est effectivement un agrandissement modeste du stationnement à court terme, mais qu’elle compte à moyen ou long terme aménager un stationnement étagé sur ce quadrilatère.

Projet « farfelu » et amateurisme

Résolument opposés à la démolition des immeubles, les citoyens présents en avaient aussi contre le projet de tour de 15 étages de Réseau Sélection au centre-ville et la politique de la Ville en matière de stationnement. « Il y a un manque de vision au centre-ville, on dirait que c’est fait par des amateurs. Il y a eu l’arrivée des horodateurs, ensuite la fermeture du pont Bouchard, et maintenant la problématique du stationnement…le centre-ville est essoufflé », a plaidé l’un d’eux.

Pour un autre, les problèmes actuels sont directement issus d’une culture de l’automobile dans notre société. « Partout, on ne voit que des voitures. Tellement qu’on ne sait plus où les mettre », a lancé ce résident du centre-ville.

Parmi les nombreuses suggestions avancées – stationnements incitatifs en périphérie de la ville avec navette, stationnement souterrain sous le parc Casimir-Dessaulles, gratuité du service d’autobus, vignette gratuite pour les résidents – les plus communes et les plus réalistes étaient l’amélioration du transport en commun et le retrait des horodateurs dans les rues autour du stationnement Centre-ville. 

Les citoyens aimeraient aussi pouvoir bénéficier d’un minimum de temps gratuit dans les places tarifées par les horodateurs pour pouvoir au moins décharger leur épicerie sans avoir à payer. Chantal Frigon a dit prendre bonne note de toutes ces idées pour le compte de la Ville. Par ailleurs, des onze locataires touchés par l’avis d’expulsion, dix ont déjà un plan pour se reloger, a-t-elle indiqué.

Saint-Hyacinthe, le nouveau Griffintown?

Pour d’autres, la disparition de logements abordables au centre-ville va en plus créer une pression à la hausse sur les autres loyers. En s’éloignant quelque peu de la question du stationnement, des participants ont également dénoncé l’embourgeoisement qu’ils disent constater dans le secteur, dont une manifestation concrète est la conversion de logements en condos. 

En réponse, Chantal Frigon a soutenu que la Ville est tout aussi préoccupée par l’ajout de stationnement que par le logement social au centre-ville. Un projet de l’Office municipal d’habitation de Saint-Hyacinthe pourrait d’ailleurs être relancé dans la foulée de la démolition de ces onze logements. Son directeur général Jean-Claude Ladouceur, également présent à la soirée, a en effet évoqué un projet de logement mixte (logements subventionnés et logements abordables) d’une quarantaine d’unités.

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