30 septembre 2021
Saint-Hyacinthe unie
Logements, verdissement et participation citoyenne au sommet des priorités
Par: Sarah-Eve Charland

Saint-Hyacinthe unie a dévoilé sa plateforme électorale. Photo gracieuseté

L’aspirante mairesse à la Ville de Saint-Hyacinthe, Marijo Demers, a dévoilé sa plateforme électorale cette semaine. En plaçant au centre de ses décisions la participation citoyenne, elle s’engage à adopter plusieurs politiques municipales qui serviront de base aux décisions du futur conseil municipal, suggère-t-elle.
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Au cours des derniers mois, la candidate de Saint-Hyacinthe unie avait déjà dévoilé plusieurs engagements. Ces cinq axes sont la démocratie participative et la gouvernance municipale, le développement économique, l’urbanisme, l’environnement ainsi que la culture, les sports et les loisirs.

Si elle est élue le 7 novembre, son horaire sera bien chargé. Elle compte consulter la population sur plusieurs enjeux tout en élaborant plusieurs politiques municipales. Dans sa plateforme électorale, elle compte actualiser la politique de l’arbre de la Ville de Saint-Hyacinthe échue depuis 2020, la politique citoyenne du sport, du loisir, de la culture et de la vie communautaire échue depuis 2013 pour y inclure une politique familiale et élaborer une politique de l’habitation. Elle souhaite aussi obtenir l’accréditation Municipalité amie des enfants.

« Les deux gros morceaux, ce sont la politique de l’habitation et la politique familiale. Pour la politique familiale, on ne part pas d’une table rase où il n’y a rien. Il y a des constats faits. Ils ont été faits sans faire de politique globale. C’est beaucoup de paperasse, mais c’est pour avoir une vision globale à long terme », affirme-t-elle.

La candidate a rappelé la crise aiguë du logement qui sévit un peu partout au Québec, mais aussi à Saint-Hyacinthe. Le taux d’inoccupation des logements se situait à 0,2 % au début de l’été, selon la Société canadienne d’hypothèque et de logement.

« Ce qu’on est en train de faire sur la question du logement, c’est qu’on développe des projets à la pièce pour répondre à des situations d’urgence. Le 0,2 % d’inoccupation n’est pas tombé du ciel. Il y a eu une incurie de la part du pouvoir politique local pendant des années. La manière de bien faire les choses, c’est d’avoir une vision globale », poursuit-elle.

Plusieurs des derniers projets annoncés se constituaient de logements luxueux pour une clientèle plus âgée. Sans remettre en question leur pertinence, Mme Demers ajoute que la Ville doit davantage miser sur des mixités de résidences dans les différents quartiers. Comment compte-t-elle y arriver?

« L’idée, c’est de travailler de concert avec les promoteurs immobiliers. […] Au niveau de la législation, c’est possible d’aller là. Mais ce qui me plaît plus, c’est d’aller convaincre les promoteurs que la Ville a une réelle orientation au niveau de l’habitation », soutient-elle.

Participation citoyenne

La participation citoyenne teinte plusieurs de ses engagements. Elle souhaite mettre sur pied un budget participatif d’environ 350 000 $. Les citoyens seront invités à proposer des projets qui seront soumis à l’évaluation d’un jury indépendant. Ce dernier fera alors une sélection des projets qui seront soumis à un vote populaire.

« [350 000 $], je ne peux pas dire que ce n’est rien. Sur un budget de [114 M$], je crois que c’est tout à fait faisable. La Ville peut dire que tel parc est une priorité, mais peut-être que, pour les citoyens, un autre parc est prioritaire. Est-ce qu’on va devoir faire des choix? On a normalement 1000 nouveaux ménages [par année]. Le revenu des taxes foncières n’est pas en descente », justifie-t-elle.

Saint-Hyacinthe unie promet de reverdir le parc des Enfants-de-la-Métairie. Elle ne se prononce pas sur le budget ni sur la superficie. Son projet consiste à effectuer une plantation serrée avec des arbres à croissance rapide.

« C’est un parc qui n’est pas aménagé. Je ne me prononcerai pas parce que notre engagement est d’inclure les citoyens dans le “rêvons ensemble” le parc. Le but est d’offrir une connexion avec la nature et d’offrir une forêt urbaine accessible à un jet de pierre », mentionne-t-elle.

La semaine dernière, la Ville a franchi une nouvelle étape dans le dossier d’un deuxième accès au Cégep de Saint- Hyacinthe. En écho à l’intervention du conseiller municipal David Bousquet qui demandait au conseil municipal de compenser la perte des arbres, Marijo Demers déplore l’absence de réaction des autres élus. « Après l’intervention de M. Bousquet, personne n’a renchéri. C’est un projet ficelé. Le mieux qu’on puisse faire, c’est de compenser et de le faire justement. L’annonce de la forêt urbaine; je ne vais pas compenser pour des décisions que je n’ai pas prises. Je vais m’assurer qu’il y ait un réel reboisement. »

Toujours dans un esprit d’assurer une meilleure transparence des décisions municipales, Mme Demers ajoute qu’elle veut rendre exceptionnel le recours aux ententes secrètes et aux clauses de confidentialité et veut adopter une série de pratiques afin de rendre plus accessibles l’information et le fonctionnement de la Ville.

Mme Demers souligne que l’ensemble de ses promesses n’engageront pas des dépenses pharaoniques. Afin d’assurer un cadre financier en cohérence avec la capacité de payer des contribuables, elle assure vouloir arrimer ses projets en fonction des programmes de subventions disponibles auprès des autres paliers gouvernementaux. Elle remet en doute aussi la stratégie de la Ville de Saint-Hyacinthe d’acquérir plusieurs immeubles à coup de millions dollars qui auraient pu être utilisés pour d’autres priorités.

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