2 avril 2015
Loi 10 : grogne dans le milieu de la santé
Par: Jennifer Blanchette
Les professionnels en soins du CSSSRY ont dénoncé l’échéance de leur convention collective ainsi que l’entrée en vigueur de la réforme de santé. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les professionnels en soins du CSSSRY ont dénoncé l’échéance de leur convention collective ainsi que l’entrée en vigueur de la réforme de santé. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les professionnels en soins de Saint-

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Cette manifestation faisait écho à la mobilisation nationale de mardi au cours de laquelle les membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) ont joint leur voix à celles de la Fédération autonome de l’enseignement, dont la convention collective venait également à échéance le 31 mars.

« Les offres patronales du gouvernement sont méprisantes à l’égard de nos professionnels en soins. Elles les appauvriront et réduiront de façon importante leur pouvoir d’achat. […] Nous sommes exaspérés devant le manque de reconnaissance du gouvernement et la surcharge de travail. Nous souhaitons de meilleures conditions de travail afin d’offrir les meilleurs soins à la population », a déclaré la porte-parole FIQ de Saint-Hyacinthe, Lucie Ménard.

En réaction à l’offre du gouvernement d’augmenter de 3 % sur cinq ans les salaires, les membres ont manifesté à tour de rôle durant 13,5 minutes sur l’heure du midi, un clin d’oeil à leur demande de rattrapage salarial de 13,5 % sur trois ans.

« Nous voulons plus que ce qui est donné, car pour l’instant, c’est zéro », a affirmé Mme Ménard.

Entrée en vigueur de la loi 10

La loi 10, qui signe l’arrêt de mort de l’Agence de la santé de la Montérégie et la mise en place du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est, inquiète la FIQ.

« La nouvelle loi n’améliorera pas l’accès aux soins, ne garantira pas des économies en bout de piste, mettra la table à une privatisation accrue, favorisera la sous-traitance et entraînera le chaos dans la gestion des relations de travail », a martelé la porte-parole locale de FIQ.

La fusion des établissements de santé de Saint-Hyacinthe, Sorel-Tracy et Longueuil risque également d’avoir un impact sur l’expertise dans le réseau de la santé. « Plus c’est gros, plus c’est dilué. Il y a beaucoup de personnel qui a choisi de partir à la retraite le 31 mars et malheureusement, on les comprend, car la loi 10 n’a rien d’attractif », a décrié Lucie Ménard.

La section locale du FIQ est passée de 1 200 membres au CSSSRY à 3 400 avec la mise en place du CISSS Montérégie-Est.

Pour démontrer leur insatisfaction face à l’entrée en vigueur de la loi, les professionnels en soins arborent depuis mercredi un autocollant avec l’inscription « PL 10 – Triste jour pour le réseau de la santé ».

Manifestation des enseignants

En plus du rassemblement de la FIQ, une autre manifestation avait lieu devant le siège social de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH), mardi.

Les membres du Syndicat de l’enseignement Val-Maska (SEVM) ont eux aussi dénoncé la fin de leur convention collective et les offres patronales déposées par le gouvernement.

Québec propose entre autres d’augmenter la tâche d’enseignement et d’accroître le nombre d’élèves par classe, des demandes qui font rager les profs.

« Ce n’est que le début. Nous allons être de plus en plus visibles et le gouvernement va nous trouver sur son chemin. Nous ne laisserons pas nos conditions de travail et de retraite se détériorer », a assuré le vice-président du SEVM, Luc Allard.

D’autres actions de mobilisation et une intensification des moyens de pression sont à prévoir de la part du Syndicat dans les prochains mois.

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