26 septembre 2019
L’Opus 9 résonne à nouveau
Par: Maxime Prévost Durand

L’Opus 9 a joué ses premières notes au sein de la chapelle du monastère du Précieux-Sang, dimanche, dans le cadre d’une cérémonie musicale soulignant son inauguration. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’Opus 9 souffle à nouveau. Maintenant installé à la chapelle du monastère du Précieux-Sang, l’orgue de Casavant Frères datant de 1855 a été inauguré, dimanche après-midi, dans le cadre d’une cérémonie musicale.

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Tout près d’une centaine de personnes, tant du milieu municipal et religieux que des donateurs et des employés de Casavant Frères ayant aidé à la restauration, se sont réunies pour entendre les premières notes de l’Opus 9 au sein de son nouvel environnement. Il s’agit du plus vieil orgue toujours actif conçu par l’entreprise maskoutaine à se trouver dans son état d’origine.

L’honneur de jouer la première pièce est revenu à Jacquelin Rochette, directeur artistique chez Casavant Frères. Il a interprété l’Allegro concerto pour deux trompettes de Vivaldi, qu’il a présenté en compagnie des trompettistes François Cloutier et Paul Charbonneau, avant d’enchaîner avec quelques autres morceaux.

Avant de s’installer, M. Rochette a pris le temps d’expliquer certaines particularités de l’instrument, composé de 256 tuyaux et de cinq jeux. Il a même fait une courte démonstration de la soufflerie manuelle dont est muni l’instrument – des gens doivent activer un mécanisme à pompe pour que les notes sortent – avant de privilégier, bien entendu, la soufflerie électrique.

D’abord conçu pour la paroisse anglicane de Lacolle, où il a résonné au sein de l’église St. Savior, l’orgue avait été rangé au rancart il y a quelques années avant que ce projet de « sauvetage » ne soit mis en branle. Inscrit au Registre du patrimoine culturel, l’Opus 9 a fait l’objet d’un travail « excessivement méticuleux » pour être restauré, a indiqué M. Rochette. En plus de l’équipe de Casavant Frères, plusieurs bénévoles ont mené le projet à bout de bras pour qu’il se concrétise, dont le conseiller municipal David Bousquet, qui a d’ailleurs animé la cérémonie.

L’instrument a été acquis par le Regroupement des archives ecclésiales et du patrimoine religieux du Diocèse de Saint-Hyacinthe grâce à une subvention provinciale de 85 000 $ et grâce à la contribution de donateurs. L’orgue trône dorénavant au cœur de la chapelle du Précieux-Sang, dont le monastère avait été légué l’an dernier à la Ville de Saint-Hyacinthe par les Sœurs adoratrices du Précieux-Sang pour la somme de 500 000 $. L’évêque Mgr Christian Rodembourg a procédé à la bénédiction de l’Opus 9 avant que celui-ci ne souffle à nouveau.

Un hommage aux sœurs

Toutes réunies au sein du cloître, les sœurs du Précieux-Sang ont pu apprécier le spectacle offert au sein de ce lieu qu’a habité leur communauté pendant plus de 140 ans. La première partie musicale de la cérémonie, menée par l’organiste Jacques Boucher (à partir de l’orgue qui se trouvait dans le cloître) et la violoniste Anne Robert, était d’ailleurs destinée à leur rendre hommage.

« Quelle joie pour nous d’offrir le monastère pour goûter à ce concert inoubliable! Nous sommes ravies et honorées d’avoir reçu l’invitation, a soutenu la supérieure des Sœurs adoratrices du Précieux-Sang, Sr Micheline Proulx, dans un discours livré devant l’auditoire. Nous venons de remplir nos oreilles et notre cœur de cette musique jouée par ces passionnés des chansons. Nous encourageons le maire [Claude Corbeil] à poursuivre la promotion de la culture et nous souhaitons la meilleure réalisation au pôle culturel pour en faire une fierté maskoutaine. »

Rappelons que le monastère du Précieux-Sang doit accueillir dans les prochaines années le Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe au sein de ce qui deviendra le pôle culturel. Dans ce projet envisagé par la Ville de Saint-Hyacinthe, on retrouvera dans ce même secteur la nouvelle bibliothèque, le centre d’exposition Expression et l’éventuel musée du patrimoine régional.

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