22 mars 2012
DMS Saint-Pie
L’ordonnance n’est pas entièrement respectée
Par: Le Courrier
Le proprétaire du DMS Saint-Pie n'a pas encore rempli toutes les conditions de l'ordonnance qui lui a été signifiée au mois d'août.

Le proprétaire du DMS Saint-Pie n'a pas encore rempli toutes les conditions de l'ordonnance qui lui a été signifiée au mois d'août.

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) n’est pas au bout de ses peines dans le dossier du dépôt de matériaux secs de Saint-Pie (DMS Saint-Pie), bordant la route 235. Malgré l’ordonnance émise le 12 août 2011 contre son propriétaire, ce dépotoir qui n’est plus exploité depuis le 19 janvier 2009 constitue toujours une menace pour l’environnement.

« Depuis l’ordonnance, nous effectuons un suivi rigoureux du dossier; des inspections ont eu lieu le 9 septembre, le 15 novembre et le 19 décembre, et nous avons constaté que l’ordonnance n’est pas respectée en entier. Nos procureurs sont dans ce dossier », a expliqué le directeur régional du MDDEP pour l’Estrie et la Montérégie, Émile Grieco.

L’ordonnance signée par le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, sommait le propriétaire du DMS Saint-Pie – la compagnie 9060-5460 Québec inc. appartenant à Transport Raynald Boulay, de Saint-Hyacinthe – de remplir 14 conditions afin que le site soit rendu inoffensif pour l’environnement. Parmi ces activités post-fermeture figuraient l’obligation de vider le bassin de traitement des eaux de lixiviation dans les sept jours de la signification de l’ordonnance, puis de faire inspecter le bassin par un ingénieur. Si celui-ci n’était pas en mesure d’en certifier l’étanchéité dans un rapport, les plans et devis des travaux correctifs à réaliser devaient être soumis au ministère dans les 45 jours de l’ordonnance.Toutes les eaux de lixiviation s’échappant des amas de rebuts devaient aussi être captées et entreposées, dont celles qui s’écoulent vers le ruisseau la Cenelle, et le propriétaire devait procéder au recouvrement final de tous les déchets qui ont été transportés dans cette ancienne carrière lorsque le DMS était en exploitation. Or, à ce jour, le propriétaire du DMS est loin d’avoir répondu à toutes les demandes du ministre. M. Grieco a seulement mentionné que le bassin de traitement avait été vidangé à quelques reprises par pompage. Il considère malgré tout qu’il y a du progrès. « Les choses avancent lentement, mais elles avancent. On s’assure que la commande qui est dans l’ordonnance soit respectée, mais nous nous réservons le droit de prendre action et de facturer », a-t-il précisé.Le permis d’exploitation du DMS Saint-Pie avait été émis le 21 décembre 1999, à l’époque où la compagnie 9060-5460 Québec en était seule propriétaire. C’est en 2002 que cette compagnie à numéros est passée sous le contrôle de Transport Raynald Boulay. Deux ans plus tard, ce promoteur présente un projet au ministère de l’Environnement. Il prévoit broyer de 6000 à 7000 tonnes métriques de mélamine ou de bois par année à des fins de cogénération (production d’électricité et de chaleur par combustion). Le Service des eaux industrielles du ministère y va alors d’une mise en garde : les résidus de bois encollés sont susceptibles de produire des eaux de lixiviation toxiques, chargées entre autres de formaldéhyde, de composés phénoliques, d’acides gras et résiniques. « Le traitement des eaux de lixiviation sur place est problématique », disaient les spécialistes. Ils recommanderont plutôt une gestion à sec des résidus, par entreposage à l’abri des intempéries et par brûlage dans des chaudières industrielles. Mais ces conseils n’ont jamais été suivis, d’où les anomalies constatées au DMS Saint-Pie par la suite.À partir de 2006, des odeurs de biogaz y ont été détectées. Puis, en 2007, une campagne d’échantillonnage des eaux menée sur le site par le ministère a montré que les eaux de lixiviation, les eaux souterraines et les eaux de résurgence contenaient de fortes concentrations de formaldéhydes.« Plusieurs avis d’infraction ont été transmis à 9060-5460 Québec, notamment pour des rejets de contaminants dans l’environnement et pour non-respect des autorisations accordées, et ce, de façon systématique après chacune des inspections permettant de constater de tels manquements. Les trop nombreuses contraventions nous empêchent d’en faire un relevé exhaustif. Néanmoins, il apparaît pertinent de relever certaines d’entre elles aux paragraphes qui suivent », précise le ministre Arcand dans son ordonnance de 19 pages qui raconte, en quelque sorte, la petite histoire du DMS Saint-Pie. On y rappelle que les conditions auxquelles le propriétaire est assujetti continuent d’être applicables 30 ans après la fermeture du site.

image