24 septembre 2015
Louis et Eugène Côté, fabricants de chaussures (2)
Par: Le Courrier
L’usine Louis Côté et Frère. Source : St-Hyacinthe illustré en 1886. Coll. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.

L’usine Louis Côté et Frère. Source : St-Hyacinthe illustré en 1886. Coll. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.

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À la suite du terrible incendie du 3 septembre 1876, la manufacture de fabrique de chaussures des Côté est complètement rasée. Ruiné, Louis Côté s’installe à Montréal. Un an plus tard, il revient à Saint-Hyacinthe pour y établir une ­nouvelle manufacture avec son frère Georges. La nouvelle entreprise nommée Louis Coté & Frère est installée sur la rue Cascades près du pont Barsalou.

Quelques années plus tard, les Côté construisent un nouveau bâtiment. Ainsi, en 1883, la manufacture Louis Côté & Frère a pignon sur la rue Saint-Antoine à l’angle de la rue Hôtel-Dieu. Selon les ­Annuaires de la Ville de Saint-Hyacinthe l’adresse est au 5-7 rue Saint-Antoine.

Vers la fin de la décennie 1880, Louis et Georges ne sont pas les seuls Côté à ­travailler dans le domaine de la ­chaussure à Saint-Hyacinthe. Une autre manufacture qui oeuvre dans le domaine de la ­fabrication de chaussures est également située sur la rue Saint-Antoine. Cette ­entreprise est administrée par Joseph-Amable et Magloire Côté. À la fin du XIXe siècle, la manufacture Louis Côté & Frère est vendue à ces derniers qui sont en fait les demi-frères de Louis et de Georges.

Louis Côté, inventeur

La force de Louis Côté, l’étincelle qui fait de lui un entrepreneur prospère, réside dans sa curiosité et sa créativité. « En avril 1870, il [Côté] déposa sa première ­demande de brevet canadien, pour la ­machine Côté de découpage et de ­finissage des semelles », rappelle l’historien Peter Gossage, dans un article publié dans le Dictionnaire biographique du Canada au sujet de Louis Côté.

Par la suite, Côté parvient à faire breveter plus d’une trentaine d’inventions qui, pour la plupart, sont toutes reliées au ­domaine de la fabrication de chaussures. « Les machines à fabriquer des contreforts étaient la spécialité de Côté. […] On les utilisa bientôt dans les fabriques de chaussures de toute l’Amérique du Nord et de l’Europe », poursuit l’historien.

Deux autres inventions, la machine à ­égaliser les lisses et la machine ­pantographe constituent, avec la machine à mouler les renforts, ses trois principales inventions. Pour conclure cette partie, ­l’historien Gossage dans son livre ­« Families in transition », un ouvrage qui dresse un portrait de la population et de l’industrie maskoutaine au XIXe siècle, affirme que les multiples inventions de Côté ont pour but d’accroitre et de faciliter la production. Ce faisant, ces machines permettront de réduire les couts de main-d’oeuvre, puisqu’elles peuvent être opérées par des ouvriers non spécialisés.

Un acteur de la communauté maskoutaine

Fort de ses inventions et de ses qualités d’entrepreneur Louis Côté deviendra un personnage important et respecté au sein de son industrie. Personnalité bien en vue à Saint-Hyacinthe, le citoyen Côté exercera une grande influence dans plusieurs domaines de la vie maskoutaine.

Sensible à l’importance de l’éducation, Louis Côté siègera à la Commission ­scolaire de la ville de Saint-Hyacinthe de 1882 à 1905. En matière civique, il est élu conseiller municipal le 10 avril 1874 et sera maire de la ville de 1882 à 1886. « Au cours de son mandat de quatre ans, Côté s’occupe de près du développement de l’industrie maskoutaine, mais il propose aussi une gestion plus globale de la ville », rappelle Guy Mongrain dans le chapitre traitant des affaires municipales dans le livre « Saint-Hyacinthe 1748-1998 ». Ainsi, sous son administration, on plante 200 arbres dans les rues et au parc ­Dessaulles en 1882. À la même époque, la ville construit une caserne de pompier moderne à l’angle des rues Cascades et Duclos.

Au cours de son mandat, des problèmes d’alimentation en eau potable ­surviennent : « En 1885, après de ­nombreuses pressions des citoyens, la compagnie qui compte Côté parmi ses ­dirigeants, finit par déplacer la prise d’eau en amont des habitations et des usines, près du pont Barsalou, ce qui améliore la situation », affirme Mongrain. Quoi qu’il en soit, après plusieurs tentatives, la ­Compagnie de l’aqueduc vend son actif à la Ville de Saint-Hyacinthe pour une somme de 100 000 $, note Mgr Choquette dans son « Histoire de la Ville de Saint-Hyacinthe ».

En 1893, Louis Côté fait partie du groupe d’investisseurs qui fondent la Compagnie de Gaz, électricité et pouvoirs hydrauliques qui s’installe au Rapide Plat, mentionne Jean-Noël Dion dans un article publié dans Le Courrier de ­Saint-Hyacinthe le 18 mars 1986. Cette compagnie fournira l’électricité à ses abonnés maskoutains jusqu’en 1911.

En avril 1900, la Ville de Saint-Hyacinthe nomme la Terrasse Louis-Côté pour rendre hommage à cet homme qui a contribué au progrès de Saint-Hyacinthe à plusieurs niveaux. Il décède quinze ans plus tard, le 6 février 1915. À suivre.

À suivre.

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