30 septembre 2021
PDG du CISSS de la Montérégie-Est
Louise Potvin passe le flambeau
Par: Sarah-Eve Charland

La PDG du CISSS de la Montérégie-Est, Louise Potvin, prendra sa retraite. Photothèque | Le Courrier ©

Elle a commencé sa carrière en tant qu’infirmière à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont il y a 42 ans et a gravi les échelons pour atteindre le plus haut titre au sein d’un Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS). La présidente-directrice générale du CISSS de la Montérégie-Est, Louise Potvin, prendra sa retraite. Fière de ses accomplissements, elle est bien consciente que son successeur aura de grands défis à relever.

Publicité
Activer le son

Elle a connu la fusion des établissements en santé en 2015 et bien évidemment la pandémie de COVID-19, mais le plus grand défi qui a marqué sa carrière est la pénurie de main-d’œuvre. Elle se rappelle le moment exact où tout a basculé. Elle occupait alors le poste de directrice des soins infirmiers à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

« Ce 3 janvier 2000, je m’en souviendrai toujours. C’était la fin du congé des fêtes. J’ai reçu un appel de la coordonnatrice à la gestion des fins de semaine pour me dire qu’il nous manquait 27 infirmières pour la soirée. C’était le début des tristes années où on a travaillé avec cette pénurie de ressources parce qu’on avait beaucoup de besoins. Dès 2000, j’ai été confrontée au plus grand défi que j’ai eu dans ma carrière », se remémore-t-elle.

Celle qui est devenue par la suite directrice générale du CSSS Pierre-Boucher en 2006 et PDG du CISSS de la Montérégie-Est en 2015 se veut rassurante. La pénurie n’a pas toujours été sévère au cours des 21 dernières années. Les besoins fluctuaient au gré des investissements des gouvernements en santé. Ces investissements, qui permettent de créer des services et des postes, se sont particulièrement accrus au cours des cinq dernières années.

« Juste pour les soins à domicile, on a 20 M$ de plus. On a eu beaucoup de nouveaux dollars, ce qui fait qu’on a eu un besoin plus intense de professionnels de la santé sur une courte période. Si on considère que ça prend trois à cinq ans former une infirmière, on affiche plus de postes qu’on a de personnes qui graduent. Aucune université et aucun cégep ne pouvait prévoir que les gouvernements seraient en situation de pouvoir investir. Peut-être qu’on devrait avoir plus d’étudiants pour les professions en santé que ce qu’on a », ajoute Mme Potvin.

Cette dernière reconnaît que la pénurie de main-d’œuvre demeurera l’un des plus grands défis de son successeur. Mme Potvin restera en poste jusqu’à la nomination du prochain PDG. Le processus de sélection pour ce choix sera réalisé par le ministère de la Santé et des Services sociaux auquel trois membres du conseil d’administration du CISSS participeront.

« [Il faudra] faire en sorte d’être capables de maintenir le plus possible l’accès aux services, mais ça va être difficile. Il va falloir ajuster nos services avec notre capacité de servir. Les Québécois s’attendent à avoir plus de services. Ils ne s’attendent pas à avoir moins de service. C’est sûr qu’on ne peut pas être dans une situation où le personnel et les médecins vont travailler de façon non sécuritaire. La sécurité est importante. Il faut prendre nos décisions en fonction de cela. »

Fusion des établissements

En 2015, trois CSSS de la région ont formé le CISSS de la Montérégie-Est. Cette fusion avait créé nombre remous, particulièrement auprès des syndicats à l’époque. Louise Potvin s’est retrouvée à la tête de cette organisation qui embauche plus de 13 000 employés, couvre une population de plus de 520 000 personnes et gère un budget avoisinant 1 milliard de dollars.

La fusion a permis de réduire le nombre de cadres dans l’organisation, souligne-t-elle, en plus d’augmenter la collaboration entre les établissements. « Ça nous a donné plus de leviers parce qu’on a un plus grand pouvoir d’achat. On peut s’entraider. […] Je crois que la situation en 2015 est venue rapprocher les équipes. Quand on prend une décision pour l’ensemble du CISSS, on considère la situation de chacune des parties. Ça nous a bien servis pendant la pandémie. Avant 2015, à Sorel-Tracy, ils auraient eu leurs cas covid et on aurait eu les nôtres. Là, on a fait un plan pour tout le grand territoire. »

Elle répond aussi aux critiques voulant que les décisions soient prises loin des réalités locales. « Chaque gestionnaire prend des décisions localement. Lorsque la décision est favorable, la population va dire que c’est super. Si, pour une autre raison, l’installation vit une période difficile, là, ça va être la faute du CISSS. On ne peut pas être responsables juste des succès et ne rien à voir avec les choses quand ça ne va pas bien. »

En plus d’avoir mis un point d’honneur à recruter les meilleurs dans chacun des domaines, Louise Potvin estime d’ailleurs que sa plus grande fierté est d’avoir travaillé en équipe, notamment avec les médecins et les syndicats « pour arriver à quelque chose de plus grand que la somme de ses parties ».

Le président du conseil d’administration du CISSS de la Montérégie-Est, Mario St-Cyr, a tenu à saluer son travail. « Mme Potvin a contribué au cours des six dernières années, par son leadership, sa capacité de travail, son sens politique, son implication sociale et l’importance qu’elle a toujours démontrée à la qualité de vie professionnelle de l’ensemble des ressources humaines de l’organisation, au succès du CISSS de la Montérégie-Est ainsi qu’à sa reconnaissance comme étant un CISSS très bien géré. »

image