12 novembre 2015
Luc, le guerrier
Par: Maxime Prévost Durand
Luc, le guerrier

Luc, le guerrier

« Je sentais que j’étais en mesure de contenir et d’outrepasser la douleur, que je pouvais ­contribuer à l’équipe. » Photothèque | Le Courrier ©

« Je sentais que j’étais en mesure de contenir et d’outrepasser la douleur, que je pouvais ­contribuer à l’équipe. » Photothèque | Le Courrier ©

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« Je sentais que j’étais en mesure de ­contenir et d’outrepasser la douleur, que je pouvais contribuer à l’équipe. Si j’avais cru ne pas être capable de le faire, j’aurais laissé ma place », raconte Brodeur-Jourdain.

Les Alouettes ont finalement perdu le match 40 à 22 pour être éliminés de la course aux séries éliminatoires. Une ­première depuis le retour des Oiseaux à Montréal en 1996.

La déception a été vive et la défaite amère pour les joueurs des Alouettes. Mais avec le recul, plusieurs points positifs ­ressortent de cette saison 2015. « On est restés unis et soudés toute la saison ­malgré l’adversité, fait remarquer ­Brodeur-Jourdain, qui en était à sa ­septième saison dans la Ligue canadienne de football. Le jeu au sol a bien fonctionné, on avait en général une bonne protection du quart-arrière et nos unités spéciales ont été dominantes. On était à un élément près d’être dominant. »

Une semaine plus tard, les Alouettes ­disputaient leur dernier match de la ­saison régulière, à Montréal, face aux Roughriders de la Saskatchewan. En ­raison de sa blessure, qui nécessitera une opération en décembre une fois l’enflure diminuée, Luc Brodeur-Jourdain a dû ­regarder la partie sur les lignes de côté. « J’ai toujours été fier de dire que même si ça fait mal, je peux continuer. Mais cette fois, je ne pouvais pas. »

Durant l’échauffement, John Bowman a porté le chandail du numéro 58, comme pour saluer le courage de son coéquipier, forcé d’être simple spectateur pour ce­ ­dernier match, et lui offrir son soutien.

« Je n’avais aucune idée qu’il allait faire ça, s’étonnait encore Brodeur-Jourdain, dans un entretien avec LE COURRIER en début de semaine. C’est la première fois que je voyais ça. Je ne sais pas pourquoi il a pensé à faire ça, mais je l’ai remercié. […] C’était un geste de classe, mais surtout de coeur et c’est venu chercher le mien. »

Une longue convalescence

Le centre des Alouettes a subi plusieurs blessures au genou dans sa carrière, mais jamais aussi gravement. La convalescence est importante et le processus de réhabilitation sera long. Entre six et neuf mois. Il pourrait même rater le début du prochain camp d’entraînement.

« J’ai su immédiatement que ce n’était pas la même blessure que je connaissais. Je resentais une douleur différente. Dans la chambre des joueurs, les médecins m’ont informé que j’avais le ligament ­croisé antérieur « lousse » et le latéral ­interne complètement déchiré. »

Au terme du diagnostic, Luc Brodeur-Jourdain a tout de même décidé de retourner sur le terrain et de terminer la partie. Une autre preuve qu’il a cette équipe ­tatouée sur le coeur. Un peu comme il l’avait fait plus tôt cette saison, dans une toute autre situation, alors qu’il a disputé une partie à peine quelques heures après la naissance de son premier enfant.

« C’est ma passion. J’y investis énormément de temps. Je me considère choyé d’avoir pu assister à la naissance de mon enfant – il devait naître seulement un mois plus tard – et d’avoir pu jouer le même jour. J’ai ça à coeur, ça me fait vibrer et la chose la plus importante dans la vie, c’est ­d’aimer ce qu’on fait. »

Brodeur-Jourdain a été nommé joueur canadien par excellence chez les Alouettes de Montréal par les membres de l’Association des chroniqueurs de football du Canada et les entraîneurs de la LCF.

La confiance règne

À la fin de la saison, plusieurs questions se posaient concernant le poste d’entraîneur-chef en vue de la prochaine ­campagne. Cette semaine, le président des Alouettes, Mark Weightman, a mis fin aux spéculations en confirmant le statut de Jim Popp, qui restera en poste tant à titre de directeur général que comme ­entraîneur-chef.

Cette nouvelle a été bien accueillie par Luc Brodeur-Jourdain. « Ça fait du bien quand tu es joueur et que tu sais comment ça fonctionne. La structure avec laquelle on a terminé la saison était fonctionnelle. On était à quelques détails près d’être ­menaçants. […] Avec les entraîneurs Kevin Glenn qui sera là dès le camp d’entraînement et Anthony Calvillo qui va faire son livre de jeux au complet, je pense que notre offensive sera très différente la ­saison prochaine », conclut-il.

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