12 janvier 2012
L’une des soeurs de Paul Laplante règle ses comptes
Par: Martin Bourassa
Claire Laplante n'a pas versé de larmes à l'annonce du décès de son frère cadet, accusé du meurtre prémédité de son épouse Diane Grégoire.

Claire Laplante n'a pas versé de larmes à l'annonce du décès de son frère cadet, accusé du meurtre prémédité de son épouse Diane Grégoire.

Le suicide de Paul Laplante n’a laissé personne indifférent. Pas même dans sa proche famille. Claire Laplante, l’une des soeurs de celui qui était accusé du meurtre prémédité de sa conjointe, s’est dite grandement soulagée par le décès de son frère cadet qu’elle qualifie même de « véritable psychopathe ».

Publicité
Activer le son

Rejointe par LE COURRIER en Colombie-Britannique où elle séjourne depuis 2005, Claire Laplante n’a pas hésité à se vider le coeur.

« Quel soulagement, je n’ai plus peur de lui maintenant. Ça vient enfin de s’arrêter. Il ne fera plus de mal, lui qui en a assez fait depuis longtemps », raconte celle qui se désigne comme étant la « cible préférée » de son frère depuis l’enfance.Claire Laplante a appris le décès de son frère par le biais d’Internet lundi.« Sur le coup, je n’ai pas ressenti d’émotions, sinon un grand soulagement personnel. Après 50 ans de malheurs avec lui, dont un procès et des poursuites judiciaires qui ont duré neuf ans entre mon père et mon frère, je me sens enfin libre. Auparavant, je n’aurais jamais pu parler ouvertement, car il m’aurait actionnée. »Même si elle réside à l’extérieur du Québec, Mme Laplante dit qu’elle a suivi avec attention toutes les étapes de l’enquête depuis la disparition de sa belle-soeur, une femme qu’elle connaissait depuis leur séjour comme pensionnaire à Saint-Pie en 1968 et qu’elle appréciait grandement. « Je me souviens lui avoir dit que je ne savais pas si elle faisait une bonne affaire en mariant mon frère. »

Un seul suspect possible

Claire Laplante dit avoir discuté et correspondu avec les enquêteurs de la Ville de Longueuil de façon régulière ces dernières années. « Dès la disparition de Diane, c’était clair pour moi qu’il n’y avait qu’un seul suspect possible. Je ne savais pas de quelle façon il avait pu s’y prendre, mais j’ai su tout de suite que Paul était impliqué et que le motif ne pouvait être que l’argent. J’aurais bien voulu me tromper. »

Lors de l’arrestation de son frère, elle dit avoir adressé un courriel à l’enquêteur au dossier à la police de Longueuil pour le féliciter et lui servir une mise en garde. « Dans un premier temps, j’étais très contente de savoir qu’une femme procureure était attitrée au dossier pour la Couronne, car il n’aimait pas les femmes. Ensuite, j’ai prévenu l’enquêteur qu’il ne fallait pas lui permettre de recouvrer sa liberté. C’est un vrai psychopathe et je craignais qu’il profite de sa liberté pour s’enlever la vie. »Finalement, son frère s’est enlevé la vie dans sa cellule au centre de détention de Rivière-des-Prairies où il était incarcéré depuis son arrestation à la mi-décembre.« À mes yeux, son suicide est un aveu de culpabilité, dit Claire Laplante. Il n’a pas été capable de faire face à la musique et de vivre en prison. C’est fâchant, car en partant de la sorte, il a encore gagné. Il a le dernier mot. Il ferme la trappe à tout le monde. »Mme Laplante compatit grandement avec les enfants de Diane Grégoire et de Paul Laplante, un neveu et une nièce qu’elle n’a jamais eu la chance de côtoyer. Il faut savoir que depuis toujours, ses filles et elle ont été tenues à l’écart par Paul Laplante.« Toute cette histoire est d’une grande tristesse pour les enfants. J’aimerais tellement avoir la chance de les serrer et de les connaître davantage, de leur présenter mes deux filles. Malgré tout, je ne suis pas tellement inquiète pour eux. Je pense que c’est une bonne chose qu’ils n’aient pas à vivre ce procès. Ils sont jeunes et beaux et ils sont destinés à de belles carrières une fois qu’ils auront surmonté cette épreuve. »Pour le reste, Claire Laplante assure qu’elle fera son deuil de son frère très rapidement.« Ce n’est pas moi qui vais l’enterrer en tout cas, je ne me déplacerai même pas! »

image