14 mars 2013
Subaru Forester 2014
L’utilitaire qui se raffine
Par: Marc Bouchard

Attention, lisez bien ce qui suit : j’ai aimé, moi chroniqueur automobile, conduire une voiture avec une boîte de vitesses à variation continue, aussi appelée CVT. Pour vous qui n’êtes pas des lecteurs assidus de cette chronique, cette affirmation peut sans doute sembler anodine. Mais sachez que j’ai toujours profondément détesté ce genre de boîte de vitesses sans émotion et sans sensation.

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En fait, même si certaines boîtes du genre avaient trouvé un peu grâce à mes yeux, aucune n’avait suffisamment impressionné le conducteur que je suis pour m’inciter à m’en procurer une. Et voilà qu’arrive le Subaru Forester 2014, la nouvelle mouture de l’utilitaire-multisegment japonais. Et me voilà charmé.

Une explication technique s’impose : la boîte de vitesses à variation continue n’est, ni plus ni moins, qu’une courroie qui se déplace en permanence sur un cône couché (explication simpliste, vous l’aurez compris). En se déplaçant sur ce cône, c’est un peu comme si la boîte de vitesses changeait constamment d’embrayage. Mais le changement est sans à-coups, sans sensations, exactement comme sur une motoneige. Ce qui explique aussi mon peu d’attrait pour le genre. Il est vrai que la boîte CVT permet de garder le régime moteur à son niveau le plus efficace. Elle permet donc une économie d’essence maximale, mais donne souvent l’impression qu’elle dérape, tout simplement. Sauf que pour le Forester 2014, en version turbo dois-je le préciser, la CVT est exceptionnelle. On a même réussi à simuler 8 rapports que l’on peut changer avec les palettes au volant, comme une vraie boîte de vitesses, et utiliser le frein moteur pour se ralentir dans des situations difficiles. Il faut pour cela cependant prendre la version la plus dispendieuse, vous l’aurez compris.

Plus qu’une boîte de vitesses

Après ce long intermède technique, mais indispensable, il est quand même important de préciser que le nouveau Forester s’améliore aussi à beaucoup d’autres points de vue. Le véhicule utilitaire profite dorénavant d’un style considérablement amélioré, nettement moins carré que l’ancienne génération (ce qui ne déplaira pas à ceux qui recherchent quelque chose d’un peu plus moderne).

L’habitacle a aussi été remodelé, laissant un peu plus de place à l’arrière et des sièges plus confortables. On a aussi remonté considérablement la position de conduite ce qui, pour les personnes verticalement moins avantagées comme moi, permet d’être en meilleure posture. La visibilité est toujours maximale, avec une surface vitrée de grande dimension, et les commandes sont plus ergonomiques que jamais. On aurait peut-être souhaité quelques matériaux un peu plus nobles que les plastiques durs qui abondent encore un peu partout, mais on ne peut tout avoir! Un bon mot cependant pour l’espace de chargement. La partie arrière redessinée permet dorénavant de tirer profit de toute la largeur de l’espace disponible sans entrave, les arches de roue ayant été alignées avec l’ouverture du coffre (qui dispose, maintenant en option, d’un hayon électrique). Sur la route, et sur les routes sinueuses de la région de Tofino en Colombie-Britannique où j’ai pu tester le Forester, le petit utilitaire s’est montré agile, voire très maniable. Il enfilait les courbes avec aisance, gracieuseté d’une direction électrique bien adaptée, et permet de jouer des palettes de vitesse pour ne jamais perdre le rythme et ainsi économiser le maximum de carburant. Une petite portion hors route, qui n’est pourtant pas le terrain de jeu régulier des Forester, a permis de valider les prétentions du constructeur; même en côte abrupte, le Forester grimpe avec classe, et descend avec aisance notamment aidé d’un système de contrôle de la descente. La version turbo et ses 250 chevaux est évidemment plus dynamique, et se montre vive en accélération et souple en toutes circonstances. Le moteur atmosphérique de 2.5 litres lui s’essouffle plus rapidement, notamment quand deux hommes matures (lire ici souffrant d’un certain embonpoint) prennent place à bord sur un terrain lourdement accidenté. Bref, la Forester vieillit, mais la cure de jeunesse qu’il vient de subir est, sans équivoque, presque une cure de jouvence. Car dans mon esprit, ce Forester est simplement le meilleur jamais construit.

Forces :

– Boîte automatique CVT – Traction intégrale – Espace de chargement

Faiblesses :

– Matériaux dans l’habitacle – Insonorisation un peu déficiente – Moteur 2.5 moins performant

Fiche technique :

Moteur : H4 2.5L ou 2.0L turbo Puissance (ch@tr/min) : 170 @ 5800 (250 pour le turbo) Couple (lb.pi@tr/min) : 174 @ 4100 Roues motrices : Traction intégrale Transmission : Manuelle à 6 rapports Transmission optionnelle : Transmission à variation continue Consommation : 9.5 l aux 100 km (ville)/7.0 l aux 100 km (route) Prix : de 27 590 $ à 39 590 $

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